Cette singulière affaire de menhirs de Carnac
Il y a deux ans, cette l’affaire de menhirs bretons avait fait un foin de tous les diables, en France et même à l’étranger. Dans une revue spécialisée, un archéologue amateur, familier des lieux, dénonçait vertement des travaux autorisés par le maire de Carnac, (Morbihan) pour l’accès à un magasin de bricolage, qui, selon lui, se seraient traduits par la destruction de 39 menhirs. Mais il ne publiait pas, en illustration, la photo du site concerné qu’il avait pourtant en sa possession.
Toute la presse française et certains médias étrangers avaient rebondi sur ce fait divers renversant, laissant supposer que les Bretons jetaient leurs menhirs par les fenêtres. En illustrant leur articles de mégalithes de trois mètres de haut. Or il s’avéra, quelques jours plus tard, que ces pierres ne mesuraient pas plus de 50 cms de hauteur quand l’archéologue amateur publia la photo. Tout en affirmant bien haut, avec de nombreux soutiens, qu’il s’agissait de menhirs de petite taille d’une valeur historique inestimable. Réellement ? Des archives remontèrent alors à la surface pour indiquer que la DRAC (affaires culturelles) avait effectué des recherches, quelques années plus tôt, sur deux alignements de ce site et qu’ils n’avaient pas été poursuivis bien longtemps car il s’avéra très vite que des pierres avaient été bougées, « et même cassées », ajoutera la DRAC. Il ne pouvait donc s’agir d’alignement préhistorique car la définition archéologique d’un menhir, c’est une pierre posée à la préhistoire. Si elle a été bougée, ce n’est plus un menhir.
Malgré les évidences – et nous l’avions écrit à l’époque – on n’était manifestement pas sur un de ces sites archéologiques dont Carnac est très abondamment pourvue. On en compte 550 (notre photo), tous répertoriés. Malgré cela, la polémique a pris des proportions invraisemblables, des manifestations ont marqué la vie de la commune, le maire a été écharpé sur les réseaux sociaux, des plaintes déposées par quatre associations et la gendarmerie saisie par le procureur pour mener une enquête sur des faits remontant à 7500 ans. Record mondial pour un cold case !
Deux ans plus tard, la cour administrative de Nantes vient de rendre son jugement. Au terme d’un délibéré très détaillé sur les caractéristiques du site, elle conclut que le permis de construire était légal et n’a fait l’objet d’aucune fraude. A ce jour, les associations n’ont pas manifesté l’intention de faire appel de ce jugement.