Combien d’emplois sauvés par le loup ?
Dans le bestiaire de cette fin 2025, ce n’est pas la dinde qui tient l’affiche mais un loup venu de nulle part, propulsé soudain au rang de succès planétaire par la seule vertu d’une pub sortant de l’ordinaire. Et qui demeure encore un sujet de conversation tant il a de nombreuses déclinaisons.
Et d’abord une question : combien d’emplois a sauvés ce loup d’Intermarché ? Probablement des dizaines de milliers dans le monde, au moins provisoirement. Car ce qui a fait son succès planétaire, ce n’est pas seulement l’attendrissante humanité qui se dégage de ce dessin animé animalier, particulièrement bien réussi. Dans tous les grands pays industriels, on y a vu aussi une victoire incontestable de la fabrication artisanale sur le rouleau compresseur de l’intelligence artificielle. Juste au moment où des multinationales comme Coca ou Amazon avaient décidé de confier leurs pubs à l’IA, le loup est opportunément sorti du bois pour contrer cette offensive, sous les applaudissements nourris de la planète. Ces grandes entreprises vont maintenant devoir y réfléchir à deux fois avant de confier leurs pubs à des robots déshumanisés, au risque de susciter un mouvement de rejet très pénalisant pour leur affaires. Et donc, le loup végétarien a assurément fait reculer, au moins pour un certain temps, l’emprise des robots sur la pub.
Le héron disparu
Mais ce loup attire aussi les controverses, la plus retentissante venant de l’association Bloom de sauvegarde des océans qui a vu une incitation à la surpêche dans l’attitude du héron sortant les poissons de l’eau en mode mitraillette. Propriétaire d’une flotte de pêche, Intermarché ne pouvait se permettre une polémique mauvaise pour ses affaires et il ne nous a pas échappé que ce héron avait disparu des nouveaux spots télé. On a cru y voir une relation de cause à effet mais la direction du groupe assure que c’est le format court (une minute trente secondes au lieu de deux minutes trente) qui est diffusé maintenant, avec suppression de plusieurs passages, dont celui du héron. Et qu’elle n’a pas cédé à la pression.
Ce succès planétaire a aussi attiré l’attention sur Claude François avec cette chanson ne relevant pas de ses bluettes habituelles. C’était un message d’un chanteur réellement blessé par la mauvaise presse que lui faisaient de grands médias comme Libération ou Le Monde, très puissants à cette époque-là. Au point d’enregistrer ce « Mal aimé » dont ni Madame Soleil, ni Madame Irma n’auraient pu prévoir la soudaine et miraculeuse résurrection.