Shérif Trump contre les Latinos
Donald Trump espérait le Prix Nobel de la Paix 2025. Il a été attribué à la Vénézuélienne Maria Corina Machado. On n’ira pas jusqu’à penser que l’Académie du Nobel a donné des idées au président américain mais trois mois plus tard, voilà qu’il réalise un spectaculaire enlèvement de Nicolas Maduro, le tourmenteur de Maria Corina Machado et dictateur vénézuelien. Le monde entier est sidéré. Jadis, il fallait des années de travail de sape aux Américains pour fomenter un coup d’État contre un dirigeant d’Amérique centrale ou du sud. Aujourd’hui il suffit d’une seule nuit à la super-puissance pour renverser un régime et capturer un chef de l’État que les Académiciens du Nobel n’étaient pas les seuls à espérer voir tomber.
Devant un tel secours porté à un peuple opprimé, le communauté internationale et la morale politique devraient s’incliner. Mais quand Trump impose un nouvel ordre mondial et veut transformer un continent entier en far-west où il compte bien dicter sa loi par la force sur les Latinos qu’il avait déjà dans le nez, la planète se retient d’afficher une satisfaction bien imprudente. Car derrière cet incroyable coup d’éclat, il y a l’imprévisible personnalité d’un homme que rien ne semble pouvoir arrêter et des intentions moins louables que le seul secours à un peuple opprimé. Non seulement Donald Trump fait sauter les règles élémentaires du droit international mais il déclare, dans la foulée, que les Etats-Unis vont prendre les commandes du pays et toutes ses capacités de production pétrolière. On s’éloigne du rôle de gendarme du monde pour entrer dans l’univers plus tortueux du shérif yankee imposant sa loi en faisant main basse sur la principale richesse du pays dans laquelle il compte bien puiser à titre de dédommagement. Et confiant dans la puisance de son arsenal militaire, il lance dès à présent des menaces contre d’autres dirigeants latino-américains enclenchant un mouvement dont on ne sait trop jusqu’où il peut aller. En Colombie ou à Cuba peut-être. Au Groenland aussi ?
Mais au surplus, par cette spectaculaire opération, il donne argument à d’autres puissances prédatrices, comme la Chine ou la Russie, pour s’exonérer à leur tour du droit international et imposer leur pouvoir dans leur sphère d’influence. Sous les yeux d’une Europe impuissante qui, contrairement à Poutine ou Xi Jinping, n’a pas été informée de la survenue de ce coup de force. C’est dire où Donald Trump situe les piliers de son nouvel ordre mondial.