Trump et les Nobel. Le coup de fil secret

Octobre 2025. Donald Trump le dit publiquement : il veut le Prix Nobel de la Paix et affirme que, grâce à lui, six guerres ont été arrêtées ou sur le point de l’être. Émotion du côté de l’académie suédoise des Nobel car il n’est pas d’usage que des candidats à ce prix le disent sur un ton aussi péremptoire. Mais connaissant le caractère imprévisible et les réactions parfois violentes de Donald Trump, les académiciens conviennent de passer un appel secret au président américain dont nous avons réussi à nous procurer l’enregistrement par l’intermédiaire de George C…, citoyen franco-américain.

-Allô Monsieur le président Trump, ici Berit Reiss-Andersen, présidente de l’Académie Nobel.

-Ah oui, les Danois. Vous m’appelez pour me dire que je vais avoir le Nobel de la Paix ?

-Euh, non… Désolé. Ce n’est pas possible. Vous venez à peine d’arriver et après ce que vous avez dit, on penserait que nous nous aplatissons devant vous.

– Ah bon ? Et Obama, lui, il l’a eu le Nobel. Alors là, non, je ne suis pas content. Pas content du tout. Vous savez ce que je peux faire à votre Groenland ?

-Pardon, mais le Groenland, ce n’est pas nous, ce sont les Danois. Nous, on est Suédois.

-C’est la même chose. Bon alors vous allez le donner à qui ce prix ?

-Pour l’instant, rien n’est décidé.

-Il faudrait que vous le donniez à quelqu’un qui le mérite vraiment. Et quelqu’un du continent américain pour changer. Moi, je vais vous conseiller une personne qui s’appelle… attendez… qui s’appelle Machado (on l’entend qui discute avec quelqu’un). Oui c’est ça. Maria Corina Machado. Vous allez lui donner le prix Nobel de la Paix et moi je m’occupe du reste.

-Mais Monsieur le président, ça ne se passe pas comme ça ?

-Ça suffit, faites ce que je vous dis. Sinon, je mets les droits de douane à 200 % pour la Suède. Et vous allez voir votre Ikea, votre Saab, votre Ericson et tout le reste.

-Bon, écoutez, nous allons voir.

-Oui c’est ça, voyez avec vos boys.

Fin de l’échange. Et c’est donc ainsi  que l’Académie suédoise a attribué le Nobel de la Paix à la Vénézuélienne Maria Corina Machado, opposante du président Nicolas Maduro qui s’est acharné contre elle. Trump avait ainsi un autre alibi en béton, une Nobel de la Paix opprimée, pour justifier plus encore son incroyable enlèvement d’un président en exercice. Avec mise sous tutelle d’un pays et l’assentiment muet d’une grande partie de la planète ne pouvant qu’approuver cet assaut contre un dictateur opprimant un peuple mais aussi une femme Prix Nobel de la Paix, qui veut maintenant partager son prix avec le président américain.

Trop fort, ce Donald John Trump !

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