Les trois ogres et les petits poussifs

Trump a décidé de faire marcher la planète à la schlag ! Hormis la Chine et la Russie qu’il flatte plus qu’ils ne les domine, le bulldozer américain veut tout écraser de la puissance de ses droits de douane ou de sa poigne de fer. Et voilà qu’à l’Europe aussi, allié historique, il entend imposer sa domination économique, technologique et même idéologique. L’ogre et le petit poucet en version 2.0. Aujourd’hui, ce serait même plutôt les trois ogres et les petits poussifs, sous la triple potentat des super-grands : les Etats Unis et leur puissance technologique, la Chine et sa puissance économique, la Russie et sa puissance militaire. Un monde dominé par trois empires jouant au jeu de go, ce jeu consistant à gagner des territoires dans ce partage du monde et à mieux enserrer aujourd’hui l’Europe de leurs intentions malsaines.

Mais voilà que dans cette désolante atmosphère, Trump pousse le bouchon tellement loin sur le Groenland que Macron finit par chausser ses lunettes TopGun (pour un problème oculaire) et s’en va chercher le bazooka dans le dépôt de munitions. C’est doublement gonflé ! Car sortir un bazooka devant Trump, c’est prendre le risque de le voir aller se saisir du lance-flammes dans sa chambre forte du Pentagone pour montrer que le King, c’est lui. Et pour la France c’est aussi le risque d’avoir une double cible dans le dos, dessinée à la fois par Trump et par Poutine qui a déjà fait savoir que son adversaire, c’est la France. Manque plus que Xi Jinping en fasse autant et on a le tiercé dans l’ordre.

Mais si elle comporte bien des risques, la position de Macron a fait accélérer les choses. Avec une rapidité que l’on ne lui connaissait pas, le Parlement européen a décidé, dans la foulée, de geler l’accord commercial signé avec Trump, après le passage quelque peu humiliant de Ursula Von der Leyen dans le bureau ovale. Ca, c’est le genre de langage que Trump comprend. Et au rendez-vous de Davos, où il se passe maintenant bien plus de choses qu’à l’ONU, voilà que le gouverneur de Californie a lui aussi sorti l’arme lourde en incitant les Européens à rentrer dans le chou de son propre président. Rien que ça.

La réaction du Parlement européen et la position radicale du gouverneur de cet état au PIB plus important que celui de la France, prouvent que les choses sont en train de bouger et que la résistance s’organise un peu partout. Le Canada, lui aussi, a choisi une méthode forte, en renouant spectaculairement avec la Chine après huit ans de brouille. Tabernacle ! Trump n’a pas dû aimer.

PS. Cet article a été rédigé avant le discours de Trump à Davos.

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