Trump craint plus l’humour que les critiques

« No words ». En français, « pas de mots ». C’est sur ce thème que s’est déroulée samedi à Copenhague une grande manifestation de Danois contre les propos de Donald Trump, affirmant que les troupes de ce pays, souverain du Groenland, se sont tenus loin de la ligne de front pendant la guerre en Afghanistan. Ce petit pays allié, peuplé de six millions d’habitants seulement, y a laissé 44 morts. Rien selon Trump.

Alors les Danois ont dit et écrit « No words ». Il n’y a « plus de mots » pour qualifier l’attitude du président américain, plus de mots pour nommer les horreurs qu’il dit parfois, plus de mots pour décrire le dégoût qu’il provoque chez ceux qu’il prend pour cibles. Mais si les critiques ne sont plus assez fortes et glissent sur lui comme l’eau sur l’aile d’un canard, il reste l’arme qu’il redoute le plus : l’humour. Bien plus que les écrits des journalistes américains, c’est visiblement l’humour qui l’atteint le plus. Qui le blesse dans sa fierté et le déstabilise parfois.

Il suffit d’entendre les mots et les attaques qu’il adresse aux humoristes des shows américains pour comprendre qu’ils ont plus d’effet sur son égo que les titres des journaux de New York ou Los Angelès. L’homme de scène qu’il a longtemps été sait qu’il n’y a rien de pire, quand on est en haut de l’affiche, que les sarcasmes et les ricanements qui vous font sombrer dans le ridicule. Les humoristes des shows américains ne s’en privent pas parce que Trump déteste ça et que le public, au contraire, se régale des pitreries contre leur président, les tweete et les retweete sur les réseaux sociaux mondiaux. Ce sont les humoristes qui battent des records d’audience, pas les éditorialistes ouvrant leur boîte à superlatifs pour essayer de qualifier l’inqualifiable.

Notre gouvernement aussi l’a compris en créant récemment le French Response, service chargé de répondre au french bashing que pratiquent certains pays, avec la Russie, les Etats Unis et la Chine sur le podium. Répondre directement et en anglais mais aussi avec de l’humour, puisque c’est plus percutant, et que les réseaux sociaux relaient en masse les plus belles trouvailles. Celles qui ridiculisent. Ainsi récemment à l’adresse d’Elon Musk qui avait précédemment ergoté contre « les nazis d’Europe ». French Response, lui a envoyé, en boomerang, la fameuse photo où il tend le bras comme dans un salut nazi. Succès mondial !

Alors oui, usons de l’humour le plus dévastateur à l’égard du Trump prédateur. Mais sans aller chercher à se faire aider par l’intelligence artificielle qui, paraît-il, n’a pas d’humour. C’est ce que viennent d’affirmer, au festival de Montreux (Suisse)  des humoristes et des chercheurs qui se sont penchés sur la question. L’humour nécessite des connexions si subtiles dans le cerveau que l’IA n’est pas en mesure de les établir. Les blagues qu’elle produit sont celles du niveau élève de sixième. Mais méfions nous, il y a différentes formes d’humour. Et gare au jour où, dans un grand rire sardonique, toutes les IA se bidonneront ensemble en faisant disparaître, d’un seul coup, l’espèce la plus nuisible sur Terre.

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