Plus d’électricité qu’il n’en faut

Nos centrales nucléaires tournent à plein régime  et nos barrages hydroélectriques ont rarement été aussi chargés en eau. Alors que nous sommes au cœur de l’hiver, pas la moindre alerte de tension sur le réseau national n’a été lancée. Les deux piliers de notre production électrique, l’atome d’un côté, l’eau de l’autre, sont à un tel niveau de production que nous arrivons, même en plein hiver, à une situation paradoxale : nous ne consommons pas assez d’électricité par rapport à ce que nous pouvons produire. Il est vrai que l’hiver est plutôt doux et que le slogan « C’est pas Versailles ici ! » a bien percuté dans nos habitudes quotidiennes. De toute évidence, nous faisons beaucoup plus attention à notre consommation de chauffage et d’éclairage, encore marqués que nous sommes par cet hiver 2022 où les prix se sont envolés à cause d’un problème de corrosion dans certaines de nos centrales, arrêtées pour travaux.

Nous sommes donc un pays gros producteur d’électricité mais pas assez électrifié par rapport à ses capacités. Il faut accélérer le mouvement pour limiter le recours à d’autres sources d’énergie moins décarbonées mais aussi pour que EDF, encore lourdement endettée, se refasse la cerise en prévision de futurs  investissements. Fort heureusement, à l’exportation,  notre société nationale vole au contraire de record en record avec plus de 5 milliards à nouveau, cette année, de vente à nos voisins.

C’est dans ce contexte qu’arrive le plan énergie pour les dix années à venir qui fait les grands choix d’investissements, arrivée déjà ponctuée d’une surtension de polémiques. Avec une question majeure : alors que les centrales et les barrages produisent autant, faut-il se lancer dans des investissements très coûteux en énergies renouvelables ? Il est évident qu’avec une telle capacité de production et une telle déprime de nos finances publiques, il va falloir éviter de se disperser. Mais, à l’inverse, le vieillissement de nos centrales et le développement de nouvelles technologies très gourmandes en énergie, imposent de ne négliger aucune source.

Beaux échanges en perspective à l’Assemblée où, au passage, il faudrait profiter de cette abondance d’électricité pour renforcer le système de ventilation. De toute évidence, notre chambre parlementaire  est souvent en surchauffe, ce qui entraîne de trop fréquents brassages d’air sur les bancs de députés semblant à bout de souffle. 

Partager cet article :

Privacy Preference Center