La folie du coup de pied dans la tête
Le blessé est allongé près d’un poteau. Un homme, couvert d’une capuche, s’avance lentement. Et soudain lui décoche un coup de pied dans la tête si violent, que ses deux pieds quittent le sol, à la manière d’un footballeur en fin d’élan. Puis il s’en va, tout aussi tranquillement. La vidéo, vue des millions de fois, immortalise un geste monstrueux qui dit beaucoup de notre époque : le coup de pied dans la tête. Celui qui peut tuer ou laisser paralysé à vie. Un geste de folie à double tranchant. Car il peut valoir à son auteur quinze ans de prison ferme pour meurtre. Voire même assassinat si on établit que ce geste était prémédité et déjà exécuté en d’autres circonstances.
Ce coup de pied dans la tête est la signature d’une époque. Les rixes entre bandes rivales, voire même le harcèlement en milieu scolaire, se traduisaient souvent par des coups de pieds sur un corps allongé. Mais ils visaient le ventre, le dos, les jambes. Aujourd’hui c’est la tête qui est la cible. On n‘est plus dans la qualification de rixe. On entre dans celle du lynchage quand il s’agit d’une personne isolée autour de laquelle s’acharnent plusieurs autres, avec le coup dans la tête comme geste ultime. Comme pour le taureau dans l’arène.
Dans un pays qui en a pourtant vu bien d’autres, cette monstrueuse mise à mort soulève un procès nous renvoyant à des temps anciens : la violence en politique. Avec une responsabilité très engagée de LFI et de Mélenchon, celui qui a théorisé la stratégie de la brutalisation de la politique française, y compris et surtout à l’intérieur même de l’Assemblée pour faire monter la température dans le pays (Voir ci dessous l’article publié avant cette affaire « Nos pays voisins n’ont pas de Mélenchon »). Ici on crie que « la police tue », là on traite ses adversaires de « fascistes », comme Poutine, pour mieux légitimer la violence contre eux. Ici on politise à fond le cœur des universités, là on purge les rangs comme au temps de l’Urss. Et quand l’extrême gauche qui ne veut pas être appelée ainsi devient l’ultragauche, tels les ultras dans les stades de foot, il n’est plus possible de se retrancher derrière le paravent de la bataille démocratique et des joutes républicaines.
A ce stade, aucun des agresseurs n’a encore été appréhendé. Les faits prouveront peut-être même que ce sont des éléments extérieurs qui ont commis ces scènes de lynchage. Mais quelle que soit l’issue de cette affaire, rien ne pourra gommer la lourde responsabilité que porte Jean-Luc Mélenchon dans la montée de la violence politique dans le pays.
Depuis la parution de cet article, neuf personnes ont été interpellées dont Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault.