Mais qu’est-ce qu’ils foutent aux Açores ?
En Bretagne, la pluie ne mouille que les cons, disait Kersauson. Aujourd’hui, il serait sans doute moins péremptoire sur ces particularités armoricaines tant le théorème d’Archimède écrase maintenant toutes les autres considérations météorologiques. Et ce théorème tient en quelques mots contredisant celui de Kersauson : tout corps plongé dans l’eau en ressort mouillé. Qu’on soit un jeune con ou un vieux con ou qu’on ne fasse pas partie de la confrérie, on n’échappe pas aux gouttes maintenant en Bretagne puisque le climat local, déjà un tantinet humide en temps ordinaire, nous envoie depuis des semaines un cocktail diluvien, entre cyclone tropical et mousson asiatique, comme Kersauson lui-même n’en a jamais connus.
Alors, devant ce défilé de dépressions et la désolante rengaine de nos prévisionnistes météo, il est temps de poser deux questions. La première : mais qu’est ce qu’ils foutent aux Açores ? La seconde : Trump ne tremperait-il pas une fois encore dans un embrouille complotiste contre l’Europe ?
D’abord les Açores. Là-bas, sur ces quelques confettis portugais au milieu de l’Atlantique, on fabrique depuis des millénaires la grande spécialité locale, l’anticyclone. Comme son nom l’indique, il est là pour s’opposer aux cyclones en étendant sur l’Europe occidentale des pressions atmosphériques protectrices rejetant les dépressions et autres tempêtes vers des zones très éloignées. Les Açores sont notre OTAN météo à nous. Ils sont là pour nous protéger mais personne n’a jamais réussi à percer le secret qu’on se passe là-bas de générations en générations. Car aux Açores, on fabrique des anticyclones comme en Corse on produit de l’omerta : en silence et en toute discrétion. Et de toute évidence, en ce moment, il ne doit pas y avoir grand monde au boulot du côté de Punta Delgada pour nous envoyer des anticyclones.
A moins qu’il faille voir dans cette défaillance anticyclonique un nouveau coup tordu de Trump. Dans sa folle et rageuse croisade contre tous les instruments destinés à juguler le dérèglement climatique, aurait-il secrêtement exercé de hautes pressions sur les dirigeants des Açores pour qu’ils limitent leur production d’anticyclones, en les menaçant de droits de douane à 200 %. Ou pire, de les envahir, comme le Groenland ?
Ce personnage diabolique dans son acharnement contre toutes les mesures de protection du climat est-il allé jusqu’à saboter notre OTAN climatique, ce parapluie atlantique qui nous protège contre les assauts des cieux ? Avec Trump on peut s’attendre à tout tant il a décidé, à lui tout seul, de faire sur cette planète la pluie et le beau temps.