Fini le tir aux pigeons dans les petites communes
A un mois des municipales, l’île de Molène n’a toujours pas de candidats. Mais elle constitue une exception alors que l’on pensait que la réforme poserait beaucoup plus de problèmes. Pour ce scrutin, toutes les communes de France passent au système de listes paritaires hommes-femmes, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent pour celles de moins de 1.000 habitants, soit les deux tiers des communes françaises. Et même si certains maires ont un peu galéré pour trouver assez de femmes, elles ont répondu bien plus massivement que ne laissaient présager certains Cassandre de la vie publique pronostiquant que beaucoup de femmes allaient manquer à l’appel.
Ces petites communes étaient les dernières rescapées de l’ancien système des listes ouvertes, sans obligation paritaire, avec possibilité de panachage. Celles où on pouvait rayer certains candidats et en rajouter d’autres, même non-candidats. Pour certains administrés, c’était l’occasion de régler anonymement les comptes en biffant rageusement certains noms pour en mettre d’autres qui ne demandaient rien à personne. A ce concours de tirs aux pigeons, les maires sortants candidats récoltaient parfois des scores peu flatteurs. Quand on a du pouvoir, on fait autant de mécontents que de satisfaits. A l’inverse, des candidats n’ayant jamais exercé la moindre fonction s’en tiraient beaucoup mieux. Personne ne les avait dans le nez.
Ce changement va aussi mettre fin à ces interminables soirées électorales dans les petites bourgades où il fallait procéder à un dépouillement méthodique en comptant, un à un, les noms sur chaque liste, avec clôture des opérations parfois à 3h ou 4h du matin, surtout s’il y avait de la contestation. En ces temps d’intelligence artificielle et de fusées sur Mars, c’est tout un pan du folklore villageois qui disparaît…