L’affiche électorale flinguée par les réseaux
Il y avait le port de colle, le pinceau et les affiches. Quand la nuit tombait, ils s’en allaient à deux ou trois, l’esprit militant et le geste agile, pour faire leur tournée d’affichage électoral, même dans des bourgs à la campagne. En coller le maximum. Un peu partout, à condition que ce soit bien visible. Il arrivait même que l’un monte sur le dos de l’autre pour coller l’affiche le plus haut possible, inaccessible aux équipes concurrentes qui allaient essayer de les recouvrir par leurs propres affiches. Ce qui parfois donnait lieu à une petite baston nocturne quand une équipe venait tout juste de couvrir celles que les concurrents avaient collées une demi-heure plus tôt.
Aujourd’hui, les bagarres entre colleurs d’affiche sont encore plus rares que les meetings électoraux. Les affiches ont décliné et les meetings aussi, noyés par le tsunami des réseaux sociaux qui mettent l’information électorale à portée de main. Ou déposée dans les boîtes aux lettres par le biais des candidats aux élections municipales.
L’affiche électorale disparaît du paysage. Et notre environnement ne s’en porte pas plus mal comme peuvent en témoigner ceux qui ont connu jadis les lendemains de campagnes électorales et tous ces murs, poteaux et même postes électriques couverts de trombines que le temps mettait parfois des années à faire disparaître.