La France libre c’était une France insoumise…
Avant l’annonce d’Emmanuel Macron, certaines voix s’élevaient pour que soit donné un nom féminin à notre futur porte-avions. Simone Veil, par exemple. Elles ont en partie satisfaction puisque le féminin succède au masculin, avec « La » France libre et non pas « le » France libre comme Macron l’a dit dans un premier temps. Selon la tradition de la navale militaire, l’article est genré avec le sujet. Il y eut la Jeanne, il y aura la France libre, alors que dans la navale civile c’est plutôt l’inverse, comme « le France » qui se retrouva un jour au Havre, aussi immobile qu’un corps mort pour les cormorans.
Le nouveau nom du porte-avions, il faut bien l’admettre, est une jolie trouvaille. Quel que soit le nom d’une célébrité disparue, elle aurait fait polémique car aucun de nos grands noms n’est aujourd’hui à l’abri de l’inquisition collective consistant à trouver un défaut rédhibitoire, même à nos plus chers disparus. Avec France libre succédant à Charles de Gaulle, ont est dans le confort d’une lignée intouchable.
Alors bien sûr, beaucoup, y compris chez nous, pourront se demander ce qu’est la France libre. L’expression s’est effilochée au fil du temps et les jeunes n’en ont assurément pas beaucoup entendu parler. Cette France là, c’était celle du général De Gaulle, de l’appel du 18 juin et de tous ceux qui sont entrés en résistance, de corps ou d’esprit, contre l’envahisseur nazi. On pourrait dire qu’il s’agissait d’une France insoumise si le terme n’avait pas pris aujourd’hui une connotation très politique. Du reste c’est de ce côté-là qu’on a relevé la seule véritable réserve sur le choix de ce nom. Elle est bien sûr venue de Jean-Luc Mélenchon regrettant qu’on n’ait pas baptisé ce navire « La France insoumise, car ça aurait fait encore plus peur aux ennemis ».
JLM a aussitôt ajouté qu’il s’agissait d’une blague au cas où ses nombreux contradicteurs n’auraient pas compris. Cela prouve en tous cas que l’insoumis peut-être drôle quand il veut. Le problème, c’est qu’il ne veut pas. Ce qu’il veut, lui, c’est une France énervée, une France angoissée, une France divisée. Et il connaît toutes les armes pour y parvenir.