Municipales. Brest bascule sèchement à droite 

Un coup de tonnerre au premier tour. Une tornade au second. A Brest, François Cuillandre a perdu son fauteuil de maire face à Stéphane Roudaut, candidat droite et centre (photo)  et la ville bascule à droite pour la première fois depuis près de 40 ans, avec un score stratosphérique pour le vainqueur : 57,4% contre 38,3 % pour le maire. Qui aurait osé parier sur un tel résultat ?

De toute évidence, François Cuillandre a fait une erreur majuscule en optant pour une alliance avec LFI, relevant plus de la compromission que du compromis si on se réfère à ses déclarations précédentes où il avait soutenu avec force qu’il n’était pas question de fusion entre les deux tours ? Il l’a répété avec une telle constance que son attitude, dès le lendemain du premier tour, ressembla à une retraite en rase campagne. Malgré son retard, il avait des réserves de voix lui laissant encore une chance pour le second tour, il a choisi de trahir sa propre parole et de s’allier avec ceux qu’il présentait comme des adversaires. Les électeurs n’apprécient pas les revirements, surtout quand ils s’apparentent à une trahison à certains principes. Et ils l’ont dit avec tellement de force que Stéphane Roudaut a progressé de 27 % entre les deux tours, sans recevoir de soutiens supplémentaires. Et il n’y a pas qu’à Brest que cette alliance PS-LFI a fait un bide. Dans bien d’autres villes, cette stratégie a spectaculairement échoué.

Dans ces résultats, il y a d’abord l’attitude des indécis, ces hésitants qui font basculer la victoire d’un côté ou de l’autre. Pour des milliers de Brestois, c’est une question inattendue qui s’est invitée dimanche dans les isoloirs du second tour. « Je vote contre LFI ou contre la droite ? ». De toute évidence c’est le rejet de LFI qui l’a emporté. Parmi les votants du premier tour en faveur du maire sortant, il y en a aussi assurément un bon nombre qui ont considéré son attitude comme une trahison et ont opté pour son adversaire ou l’abstention. Et puis, il faut ajouter les votants RN du premier tour. Plus de la moitié d’entre eux ont changé de bulletin au second tour et on peut penser qu’ils ont majoritairement choisi celui de Stéphane Roudaut.

Pour ce dernier, la victoire est belle. L’événement est de taille et la liesse dans son camp était à la hauteur de cette performance totalement inattendue dans ces proportions. Elle jette un ombre sur les chances du député LFI de Brest, Pierre-Yves Cadalen, de conserver son fauteuil l’an prochain. Avec 15 % des voix pour sa liste au premier tour et cette cuisante défaite au second, le temps se gâte pour lui et il va devoir s’accrocher au bastingage

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