Jackpot bluffant pour la Banque de France

C’est la meilleure de l’année ! Dans un pays qui met régulièrement en doute la capacité de la haute administration à gérer les finances publiques, voilà que la Banque de France vient de réussir un coup sensationnel : faire rentrer 12,8 milliards d’euros comme par un coup de baguette magique. Pour comprendre l’exploit, rembobinons. Au début de la seconde guerre mondiale, la Banque de France a fait évacuer tout son or, via le port de Brest, vers des destinations lointaines. Et actuellement il restait encore 129 tonnes aux Etats-Unis. Plutôt que de les ramener par un transport coûteux, elle a décidé de les vendre là-bas et de racheter une quantité équivalente en Europe. Sauf que le médiatique patron de la banque de France, François Villeroy de Galhau, qui va bientôt quitter sa fonction, a sidéré tout le monde en affirmant qu’avec ces opérations de ventes et achats réalisées sur un an (2025-2026), la banque a dégagé une plus value de 12,8 milliards d’euros. Oui, 12,8 milliards !  Avec ça, il y a de quoi payer le futur porte-avions La France libre et y ajouter deux frégates, un escorteur, un sous-marin et un abonnement Canal+ pour tous les équipages.

Même si l’or a grimpé en flèche ces temps derniers, comment peut-on réaliser un jackpot pareil en vendant et achetant en même temps ? On aurait aimé que Villeroy de Galhau nous explique en détail comment son établissement a pu faire une telle culbute pour augmenter ainsi de 13 milliards la valorisation de nos réserves d’or, avec des transactions portant seulement sur 129 tonnes. Calculons. En 2025, le lingot d’un kilo a tourné autour de 100.000 euros et début 2026, il est monté au-dessus de 130.000. Donc disons 120.000 euros de moyenne. Sachant que 129 tonnes représentent 129.000 lingots de un kilo, il suffit de faire l’opération 120.000 (euros) x 129.000 (kilos), ça fait 15.480.000.000 euros, soit 15,4 milliards d’euros. Sur un stock d’or américain valant autour de 15 milliards, comment peut-on faire une plus-value de 12,8 milliards entre ventes et achats, sur un an seulement.  Messire, c’est pure sorcellerie ! Avec son nom médiéval, Villeroy de Galhau est sûrement un alchimiste qui sait transformer le plomb en or et nous arrive tout droit du temps de Jeanne d’Arc. Ou alors il se trompe d’un zéro. Ou il grossit le bilan avant de partir.

Comme il serait inconvenant de remettre en cause les paroles du plus grand argentier du pays, on regrettera qu’il n’en ait pas dit plus aux Français qui, paraît-il, ne maîtrisent pas très bien les mécanismes économiques et financiers. Ils auraient bien aimé qu’on leur donne le tuyau pour réussir à se faire autant de blé en si peu de temps Et dommage que la Banque de France ne soit pas soumise à l’impôt sur les plus-value. Pour nos finances publiques, ça aurait valu son pesant d’or.

 

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