Carnac. Coup de menhir sur les mégalithes

Le chantier venait de débuter mais il est brutalement stoppé. Le grand musée de la Préhistoire qui devait voir le jour à Carnac est victime du sort des urnes. Ainsi en ont décidé les habitants de la commune en donnant la victoire à Alexandre Lanoë , adversaire du projet, contre Olivier Lepick, maire sortant, qui a monté ce dossier durant des années, en concertation avec l’État, la région et le département.

L’affaire fait du bruit. Certes, moins que cette histoire de menhirs détruits, il y a trois ans, qui dépassa les frontières puisqu’elle laissait supposer que les Bretons jetaient leur menhirs par les fenêtres. Il ne s’agissait en réalité que de petits blocs de pierre dont certains avaient été bougés, ce qui leur ôtait la caractéristique première du menhir. Archéologiquement c’est une pierre posée à la préhistoire. Saisie, la justice a classé le dossier sans suite après des années de polémique et de tensions dans la cité.

Cette fois, c’est le plantage pur et simple du musée de la Préhistoire qui ramène Carnac sous les feux des projecteurs. Dans le grand dossier qui lui a permis d’obtenir un classement au Patrimoine de l’Unesco, la municipalité avait inclus la création d’un grand musée de la Préhistoire pour un montant de 16 millions d’euros, la moitié étant assurée par des subventions de l’Etat, la région, le département et la communauté de communes. Huit millions restaient à la charge de la commune.

Mais dans le sillage de l’affaire qui a secoué Carnac, il y a quatre ans, des rivalités ont ressurgi durant cette campagne avec quatre candidats, dont Alexandre Lanoë qui a basé l’essentiel de sa campagne sur l’arrêt immédiat de ce projet. Il l’a confirmé samedi, lors de l’installation du nouveau conseil municipal, en redisant que sa préférence va au maintien du musée dans son bâtiment actuel, même s’il n’est pas en très bon état. . Les travaux sont donc stoppés alors qu’ils venaient à peine de démarrer et il va donc falloir indemniser les entreprises engagées dans cette construction. Entre 1,5 et 2 millions d’euros, à la charge entière de la commune.

Ce coup de menhir sur les mégalithes suscite un grand émoi tant Carnac a un rôle moteur pour tout le tourisme morbihannais. David Robo, le président du département, ne cache pas un brin d’exaspération devant cette fin brutale et sans concertation. Il a fait part de son souhait d’une réunion rapide de tous les partenaires pour évoquer la suite d’un dossier qui soulève une autre question : le vote des Carnacois pointe-t-il aussi une réaction contre le sur-tourisme ?

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