Temps de travail. On a tout faux !
Dans l’année, nous travaillons trois semaines de moins que les Allemands et nous partons en retraite trois ans avant eux. Certains politiques et syndicats pourront tordre les chiffres comme ils veulent, cette fois ils reposent sur les données d’Eurostat, organe officiel de statistiques de l’Union européenne dont nul ne peut mettre en doute la crédibilité. Et le constat est brutal puisqu’en Europe, seule la Finlande a un temps de travail annuel inférieur au nôtre (1 664 h/an) contre 1 785 heures pour les Allemands, l’Italie dépassant même les 1 800, les Roumains décrochant le pompon à l’altitude 1 984. Ces chiffres intègrent les congés mais également les arrêts maladie qui connaissent une certaine flambée dans notre pays, bien moins perceptible ailleurs. Il y a donc là un évident problème franco-français.
A l’heure où le pays est plongé dans un abîme de doute et de fortes inquiétudes, ces statistiques viennent brutalement éclairer le débat sur la dérive de nos finances publiques. Nous ne travaillons pas assez depuis l’arrivée des 35 heures, nous partons trop tôt en retraite, nous finançons des indemnités de chômage plus élevées que chez nos voisins, nous taxons le travail plus qu’eux et c’est un parti qui a obtenu à peine 2 % des voix à la dernière présidentielle qui a contraint le gouvernement à geler la réforme des retraites et à revenir en arrière sur l’âge de départ. Tout faux. Sur toute la ligne. Et aucune grande réforme en vue…