Bardella « Je suis le mal aimé »
Jordan Bardella va devoir muscler son jeu. Il ne suffit pas d’avoir des idées approuvées par un tiers des Français et un physique de jeune premier pour tenir les premiers rôles. Il importe aussi d’être à la hauteur en toute circonstance. Et de toute évidence, il ne l’a pas été dans l’émission de Léa Salamé, « Quelle époque », passage obligé de toutes les personnalités qui comptent. Dans un jeu consistant à faire défiler des photos de personnalités auxquelles il faut poser une question, il a montré une telle platitude dans cet exercice, avant un navrant manque de répartie, que Roselyne Bachelot, assise à ses côtés, s’est ouvertement payé sa poire sous les rires de l’assistance. Il ne trouva pour seule réponse que « Je vous trouve bien inélégante, Madame Bachelot », avec des accents d’aristocrate pincé tentant de surnager devant cette vague de rigolade. S’il se trouve un jour face à Trump, Poutine ou Xi Jinping, il va falloir qu’il fasse preuve d’un peu plus de mordant. Ses conseillers, de toute évidence, ont encore beaucoup à lui apprendre car cette soirée a été un véritable crash-test de sa capacité à sortir du discours politique.
Et bien sûr, les réseaux sociaux se sont déchaînés contre cette prestation gênante pour un candidat à la fonction suprême. Annoncé comme un jeune loup sortant du bois, il est plutôt apparu comme l’agneau perdu dans une forêt inhospitalière. Et comme le loup devenu soudain bien plus célèbre que lui, il aurait pu quitter ce lieu de perdition en se mettant à chanter « Je suis le mal aimé… ».