Hé George ne va pas l’énerver plus encore

« Bonne nouvelle », dit Trump. « Bonne nouvelle », dit aussi Laurent Nunez, notre ministre de l’intérieur. Des deux côtés de l’Atlantique, on accueille avec satisfaction, mais pas pour les mêmes raisons, l’événement people de cette fin d’année 2025 : George Clooney et sa famille sont devenus citoyens français. Le très populaire acteur américain, qui réside depuis plusieurs années à Brignoles, en Provence, où il possède un vignoble, a décidé de sauter le pas, d’entamer la procédure et de se rendre en préfecture pour faire officiellement sa demande de naturalisation pour lui, son épouse et ses enfants.

Le voilà donc citoyen français, pour la plus grande joie de Laurent Nunez qui y voit « une chance pour la France ». Satisfaction affichée aussi par Donald Trump de voir s’éloigner un opposant politique déclaré. Avec une de ses formules primaires dont il a le secret, Trump vient de qualifier Clooney de « gars moyen » après sa naturalisation, terme qui dans sa bouche signifie qu’il est au-dessous de la moyenne. Et il ajoute qu’on parle plus de lui « pour la politique que pour ses très rares films totalement médiocres. Il n’était pas du tout une star de cinéma ». 

Le président ajoute également une petite couche à destination de l’avocate Amal Clooney, épouse de l’acteur, pour ses activités de conseillère auprès de la Cour pénale internationale, instance qui donne de l’urticaire à Donald Trump, notamment pour avoir demandé des mandats d’arrêt contre des ministres israéliens. Mais aussi des dirigeants du Hamas, oublie le président. George Clooney de son côté, ne s’est pas privé de montrer son hostilité envers Trump mais en usant d’un vocabulaire beaucoup plus policé, l’injure primaire et l’invective incendiaire n’étant pas dans les habitudes du gentleman d’Hollywood.

Désormais français, l’acteur va-t-il redoubler de critiques à l’égard du président américain ? La naturalisation laisse toute liberté de parole mais l’esprit de cette attribution suppose tout de même une certaine retenue si la terre d’origine est un pays ami de la France. Les Etats-Unis le sont moins qu’avant mais les liens restent tout de même historiquement étroits et si Clooney doit s’exprimer publiquement contre son président, il conviendrait qu’il le fasse quand il est son sol natal. Que George n’aille pas nous l’énerver plus encore, en s’exprimant de sa Provence d’adoption. Sinon, Trump finirait par le considérer comme réfugié politique en France. Et par mesure de rétorsion, il serait capable de faire ce qu’il aime le plus dans la vie : multiplier les droits de douane sur le rosé de Provence, le saucisson d’Arles, l’olive de Nice, le savon de Marseille, les calissons d’Aix et tout ce qui sent l’estragon, le romarin, la pimprenelle ou la farigoule… 

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