Voeux. Macron est passé à côté
Les Français sont pessimistes pour 2026. Et ce n’est pas la présentation de vœux du président Macron qui va leur remonter le moral, leur donner du peps pour les mois à venir et l’envie de puiser un peu dans leur épargne pour une relance de la consommation, si nécessaire au rétablissement de nos comptes publics. Son ton monocorde, son visage fermé et son discours entre catalogue et inventaire n’avaient rien d’emballant. Le service minimum. 10 minutes pas plus. Plus court que les années précédentes.
Il aurait pourtant dû prendre deux ou trois minutes supplémentaires pour insister sur un sujet qu’il a à peine esquissé en disant que » la France a tenu ». Quel terme négatif, en vérité, pour qualifier des résultats économiques meilleurs que prévu. « Tenu », comme le naufragé se tient à sa bouée ? « Tenu », comme le type sur le balcon qui se tient à la rambarde parce qu’il est à deux doigts de tomber dans le vide ?
Macron aurait dû se montrer plus offensif et entreprenant en disant plutôt que la France a « surpris ». Terme beaucoup plus positif que « tenu ». Et correspondant à la réalité. Même l’hebdo britannique The Economist a salué la surprise que constituent les résultats économiques 2025 de la France dans un environnement international bousculé et un contexte politique exécrable dans le pays. Le taux de croissance par rapport aux principaux voisins, la très faible inflation, le rebond de l’export tiré par Airbus… Il y avait là de quoi jouer un peu du violon aux oreilles des Français qui n’attendaient que cela. D’autant plus qu’il était là sur son thème de prédilection où il peut s’enorgueillir du spectaculaire renversement de l’attractivité de la France ou de la baisse du chômage par rapport aux 10,5 % enregistrés sous Hollande. Trois points de moins pour lui.
C’était une occasion de se lancer, pourquoi pas, dans une ode à l’entreprise et au travail car c’est par là que passera le rétablissement du pays et pas par des fumisteries comme la taxe Zucman qui aurait fait de la France le seul pays au monde à taxer aussi lourdement l’outil de travail. Un vrai suicide collectif. Il aurait pu aussi rappeler, une fois encore, qu’une partie de notre dette tient au soutien de toute l’économie française pendant le cauchemar du covid. De la multinationale à la petite boutique de quartier, toutes ont été aidées et la France a été l’un des pays qui a le mieux rebondi après le covid. Sans ce soutien, des pans entiers de l’économie se seraient écroulés.
Au lieu de cela, il a voulu tout passer en revue. Un peu pour chacun, quelques mots pour tous et au final on ne retient rien. Pas de souffle, pas de relief. Il aurait dû s’inspirer plutôt de la méthode Trump. Un ou deux gros sujets porteurs pour marquer les esprits. « Qui trop embrasse, mal étreint » dit un vieux proverbe, le terme embrasse signifiant ici prendre dans ses bras et non faire un bécot. Macron a trop embrassé et mal étreint. Il est passé à côté. Les Français ont poussé un soupir. Et sont vite retournés à leur soirée de Réveillon.