Procès Le Pen. Le proc’ provoque un choc

D’ordinaire, les procureurs font des déclarations à charge contre les prévenus. Au deuxième jour du procès en appel de Marine Le Pen, c’est l’inverse qui s’est produit. L’avocat général a considéré qu’elle a été injustement condamnée en première instance pour une dizaine de contrats litigieux d’assistants parlementaires. Cela représente 1,4 millions d’euros sur les 3,5 millions obtenus par le Parlement européen, en remboursement du préjudice qu’il a subi avec ces contrats d’assistants parlementaires signés par les dirigeants du FN au bénéfice d’employés ne remplissant pas réellement ce rôle, selon les premiers juges.

Le procureur a déclaré que, selon lui, ces magistrats de première instance ont « surestimé » les charges pesant sur la dirigeante du RN, ce qui pourrait donner lieu à un remboursement partiel du Parlement européen si les juges d’appel suivent le même raisonnement.

L’entourage de Marine Le Pen s’est bien sûr répandu en messages de satisfaction sur tous les canaux d’information, estimant que le procureur a donné raison à leur dirigeante. C’est aller un peu vite en besogne car même si cette dizaine de contrats à alourdi la charge pénale, ils n’en reste pas moins que plus d’une vingtaine d’autres contrats litigieux ne sont pas remis en cause. Et qu’ils peuvent suffire à légitimer la condamnation de première instance.

Mais dans ce second épisode qui s’est ouvert cette semaine, la question porte moins sur l’infraction que sur l’inéligibilité. Du côté du RN, on ne se fait pas trop d’illusions. Marine Le Pen ne bénéficiera pas d’une relaxe pure et simple puisque des faits sont établis. Toute la question est de savoir si les juges d’appel confirmeront la condamnation à cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire, qui s’est abattue sur elle à l’énoncé du jugement de première instance. Une décision qui a secoué toute la classe politique car elle interdit, si elle est confirmée, toute participation à l’élection présidentielle de l’an prochain.

Pour la cheffe de file du RN, l’espoir réside en une condamnation à deux ans d’inéligibilité maximum, soit une durée inférieure au délai écoulé entre l’énoncé du jugement de première instance et la date de l’élection de 2027. Les deux ans seraient purgés entre ces deux dates. Mais il faudrait également qu’elle ne soit condamnée ni à une peine de prison ferme, ni au port d’un bracelet électronique.

 

 

 

 

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