Taxman remballe ses droits de douane
La bourse de Paris était en joie, jeudi matin, et seul Thalès (armement) prenait le bouillon. Le grand oral de Donald Trump à Davos a, une fois de plus, tourné à un consternant numéro d’improvisation géopolitique mais au moins, il s’est achevé par une première bonne nouvelle : le président américain n’a pas l’intention d’envoyer ses GI’s à la conquête du Groenland. Pas de guerre sur la banquise. Pas de confrontation avec la 7e compagnie hétéroclite déployée par l’Europe.
Et pas de guerre commerciale non plus puisque deux heures après son discours, il a fait l’annonce qui a rassuré les milieux économiques des deux côtés de l’Atlantique : Taxman a remballé ses droits de douane exorbitants. Il avait dressé ces surtaxes douanières comme une nouvelle épée de Damoclès au-dessus de l’Europe et plus particulièrement au-dessus de son présumé ami « Emmanouel » dont les lunettes noires lui ont inspiré un commentaire affligeant de la part du plus puissant chef d’État de la planète. Simple pitrerie qui n’a fait rire que ses affidés mais pas les producteurs de vins et de champagne français attendant fébrilement qu’il dise quelque chose sur ses droits de douane à 200 %. Deux heures plus tard, heureusement, la bonne nouvelle est tombée sur l’abandon de l’artillerie lourde qu’il promettait face au « bazooka » de la vieille Europe.
Car, comme disait de Gaulle, Trump nous a fait « l’Europe, l’Europe, l’Europe », réservant à son allié historique les coups les plus bas, cherchant à abaisser et même à humilier, exercice dans lequel il excelle puisqu’il n’a aucun surmoi pour se raisonner et aucun filtre pour trier ces flots de pensées qui, mercredi, ont inondé le forum économique de Davos.
Comme à son habitude, avant ce sommet, il avait déployé la stratégie du pire. Les annonces les plus fracassantes pour tétaniser ses interlocuteurs. Et comme d’habitude, il a détricoté, avec la voix posée d’un conteur racontant une histoire au coin de la cheminée, le regard paisible et la bouche en cul de poule.
Alors, espérons que c’est aussi la stratégie du pire qu’il a déployée quand il a déclaré, posément là aussi, que « l’Ukraine, c’est l’affaire des Européens ». Comme une sorte de point final à une histoire dont il ne veut plus entendre parler. Mettons cela encore sur l’expression du « pire » dont il se délecte sans cesse car comme le dirait un vieux dicton médiéval, « Souvent Trump varie, bien fol qui s’y fie ». Espérons qu’une fois encore il variera et se montrera plus conciliant avec Zelenski qui, lui, n’est vraiment pour rien dans le psychodrame du Groenland.