« No kids ». Polémique à fond de train

No kids ! Voilà une expression que tous les utilisateurs tiennent à garder dans sa version anglaise. Car « no kids », c’est plus facile à apposer sur une vitre que « pas d’enfants », une injonction qui fleurit peu à peu dans des campings, des lieux de séjours insolites, des hôtels et même des plages privées sur la côte méditerranéenne. Le poids de la clientèle âgée dans les lieux de tourisme n’a cessé de progresser, au fil des ans, et c’est pour répondre à ses attentes de tranquillité et de repos que certains professionnels du tourisme collent maintenant le petit panonceau à l’entrée de leur établissement. C’est devenu un argument commercial mais très contesté.

La Bretagne, en vérité, est très peu concernée par cette tendance nouvelle. C’est un territoire de vacances familiales et elle est plus en recherche de clientèle que dans une phase de sélection par l’âge, même si les pleurs et les cris des gosses des autres ont parfois tendance à énerver. Car ce sont toujours les gosses des autres qui indisposent, chaque parent ayant la particularité de supporter beaucoup mieux les cris de sa propre progéniture. Sans doute par habitude.

Mais voilà que la SNCF, à son tour, se retrouve au cœur d’une polémique sévère avec sa formule Optimum+ donnant l’ assurance que certains wagons ne sont pas autorisés aux moins de 12 ans, depuis quelques semaines. Mise en cause, la compagnie indique effectivement que ce sont les cartes Bambins et Enfants qui ne sont pas acceptées dans ces wagons ne représentant que 8 % des places disponibles dans un train. Les 92 % autres places sont ouvertes à tous.

Et bien sûr, cette affaire a enflammé les plateaux de télé et les réseaux sociaux, sur le thème de la discrimination inadmissible envers les enfants. Mais vaut-elle vraiment ces excès d’indignation ? Quand le panonceau « no kids » est apposé à l’entrée d’un hôtel ou d’un camping, c’est tout l’hôtel ou le camping qui ne leur sont pas accessibles. Interdit-on ici tout un train aux enfants ? Non. Il ne s’agit que d’un wagon sur douze, à un tarif très supérieur au prix de base, destiné plus spécialement aux chefs d’entreprise, cadres ou professions libérales qui veulent travailler pendant les quelques heures de trajet, participer éventuellement à des vidéo-conférences ou discuter entre eux quand ils sont d’une même entreprise. Ce n’est plus un wagon, c’est un bureau mobile. Et tels des bureaux, généralement pas ouverts aux enfants, celui-ci demande juste à être un espace de travail pour un monde de l’entreprise qui a le sentiment de ne pas être beaucoup pris en compte dans ce pays.

Que l’on mette un wagon sur douze à disposition de ceux qui veulent travailler et qui font le choix du train justement pour cela, ce sont moins de trajets en avion (nettement plus polluant) et plus de ressources pour la SNCF puisque les tarifs-là sont bien plus élevés. Et peuvent contribuer à faire baisser les prix moyens. Donc pas de quoi crier gare !

 

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