Une forte prime pour louer à l’année
Plus d’un 1,2 million de meublés touristiques et quatre communes françaises sur cinq concernées ! Avec l’arrivée de Airbnb et le tsunami de la courte location, des centaines de milliers de propriétaires ont bien amélioré leur pouvoir d’achat. Mais à l’inverse, des millions de candidats à une location à l’année se sont retrouvés face à un invraisemblable casse-tête du logement, particulièrement dans les zones touristiques. Devant le risque systémique d’une désertion des actifs, une loi de 2025 a durci les conditions. Pour les loueurs de meublés touristiques, obligation maintenant de se déclarer, limitation à 90 jours, modification de l’abattement fiscal, nouvelles obligations administratives, interdiction de location des passoires thermqies… Cet arsenal législatif voté notamment à l’initiative de la députée finistérienne Annaïg Le Meur a-t-il renversé la tendance ? Pas du tout viennent de révéler plusieurs enquêtes. Même avec les obligations nouvelles, la perte de l’abattement et les nouvelles tracasseries administratives, il reste toujours plus intéressant de faire de la location saisonnière que de louer l’année avec les contraintes que cela suppose. Il faudra encore durcir les règles pour inverser vraiment la tendance.
Leboncoin participe…
Alors sur l’île d’Oléron, la communauté des communes a décidé de frapper fort. Elle offre une prime immédiate de 5.000 à 10.000 euros à ceux qui acceptent de louer à l’année pendant quatre ans. Cette prime est unique bien sûr, elle n’est pas renouvelée chque année, mais son montant a de quoi inciter des propriétaires à sauter le pas sur cette île qui compte pas moins de 4.000 meublés touristiques mais bien peu de candidats à l’installation pour bosser dans les entreprises locales, dans le tourisme ou les collectivités, faute de location à l’année. Le problème est bien plus aigu dans les îles, d’où cette spectaculaire initiative de l’île d’Oléron, bien aidée il est vrai par une belle rentrée d’argent frais. La communauté vient de gagner un procès contre le site Leboncoin qui n’avait pas réglé un joli paquet de taxes de séjour. Ça aide.
La situation actuelle de l’immobilier locatif en France ne découle cependant pas seulement de l’arrivée soudaine des plateformes numériques. Elle tient aussi à tous les tracas qui, pendant des décennies, ont pesé sur les épaules des propriétaires loueurs, souvent considérés comme de vils profiteurs et en butte à des décisions de justice prenant généralement fait et cause pour les locataires, même quand leur mauvaise foi était plus ou moins manifeste. Tout cela a créé un climat malsain qui s’est traduit par une fuite massive vers la location de courte durée quand les plateformes ont débarqué. Il va donc falloir trouver de nouvelles incitations, même s’il est peu probable que le cas d’Oléron se généralise. Toutes les communes n’ont pas la chance d’avoir un tel cadeau qui leur tombe du ciel.