Economie. La grosse surprise du début d’année
Certains indicateurs économiques laissaient supposer que cette année ne démarrait finalement pas trop mal malgré un contexte toujours pesant. Ainsi en est-il des taux d’intérêt que nous payons pour notre dette abyssale. La différence entre les taux allemands et français était montée jusqu’à 0,87 % après la dissolution, ils sont descendus à 0,59 % en janvier. Ça va mieux. De même, le ministère de l’Economie vient de faire savoir que les rentrées de TVA en 2025 ont été supérieures aux attentes, laissant supposer que l’élan va se poursuivre en cette nouvelle année pour contribuer à réduire nos déficits.
Mais la grosse surprise vient de tomber avec la balance commerciale du quatrième trimestre 2025. Elle est positive et il faut même remonter vingt ans en arrière (2005) pour trouver un excédent aussi important, environ 5 milliards d’euros. 254 milliards d’exportations, 249 milliards d’importations. C’est à peu près aussi surprenant que si on apprenait que notre Sécu n’est plus dans la rouge.
Certes il ne s’agit que d’un trimestre mais nous revenons de très loin, d’années d’avant-covid où notre déficit commercial tournait autour de 60 milliards par an avant d’exploser jusqu’à 162 milliards en 2022, après la montée brutale du cout de l’énergie lié à la guerre en Ukraine et l’arrêts de plusieurs centrales nucléaires. Alors, un trimestre dans le vert, c’est quasi inespéré. Il est vrai que comme le soulignent plusieurs économistes, les planètes se sont bien alignées. D’abord avec les performances dans l’aéronautique, notre premier secteur d’exportation, où Airbus (notre photo) a mis les gaz tout au long de l’année et particulièrement au second semestre : 790 appareils livrés. Mais comme nous l’avons déjà souligné, il y a aussi les records à l’exportation d’électricité française d’origine nucléaire (plus de 5 milliards). Nos voisins en redemandent, ce qui fait baisser l’endettement d’Edf, donc de la France, puisque cette entreprise est aujourd’hui 100 % nationalisée. Parallèlement, la faiblesse des prix du baril de pétrole a singulièrement réduit le coût de nos importations et nous avons été moins gourmands en produits manufacturés venant de fabricants étrangers, en raison de notre tendance à épargner et donc à moins consommer.
Pour ces raisons, et bien d’autres plus secondaires, notre balance commerciale a hissé le drapeau vert. Pas sûr cependant que les planètes restent aussi complaisantes dans les mois à venir. Mais un autre élément se dégage à l’horizon pour laisser entrevoir une autre note positive : depuis le covid, la France est, parmi les grands pays européens, celui qui a le mieux maîtrisé l’inflation. Moins de prix qui montent, moins de revalorisations salariales et donc plus de compétitivité de nos entreprises à l’international. Reste à savoir combien de temps il faudra pour que cette tendance produise des effets réels.