Et même un Brest-Dakar en autocar !
D’abord, il y eut le covid, clouant les avions au sol et paralysant le secteur des voyages. Puis vint la guerre d’Ukraine et Poutine flinguant la destination Russie, plus gros marché de l’enseigne. Et maintenant Trump qui a donné un sacré coup de vieux au rêve américain. Avec de telles calamités, on se demande comment l’entreprise bretonne Salaün-Holydays a réussi à tenir la route alors que la pandémie mondiale et la géopolitique planétaire ont créé un environnement d’une hostilité jamais vue depuis la Seconde guerre. A croire que sa position, au bout de la Bretagne, lui a donné une assise solide pour résister à toutes les tempêtes. Passer de 241 millions d’euros de chiffre d’affaires, en 2019, à 17 millions en 2021, il fallait vraiment s’accrocher.
Avec ses 500 salariés dans le monde, dont près de 200 en Bretagne, le voyagiste retrouve maintenant des couleurs. Contraint à un mutisme de circonstance, le Pdg Michel Salaün s’était astreint au travail ingrat de tailler dans les dépenses et de fermer les agences non rentables. Il en allait de l’avenir de la société. Mais sauf nouvelle catastrophe, le plus dur est derrière. Et le chef d’entreprise a repris la parole pour annoncer que l’entreprise a renoué avec les bénéfices, rehaussant son chiffre d’affaires à 184 millions sur 2024-25 avec surtout un résultat net de 5,8 millions pour ce premier retour en territoire positif. Et s’il a fallu fermer des points de vente pour passer de 180 à 151, dont 12 en Belgique, une nouvelle agence vient d’ouvrir à Blois et d’autres devraient suivre à Annecy, Rouen, Avignon, Le Havre…
Pour contrer une géopolitique bousculée où des destinations comme Russie, Iran, Israël ou USA (-45 % en ce moment) ont du gros plomb dans l’aîle, il a fallu que les défricheurs du groupe redoublent d’efforts et d’imagination. A eux de dénicher de nouveaux horizons, de nouvelles destinations ou de nouveaux circuits. Ils ont donc remis le paquet sur l’Europe et l’Asie et pointent maintenant une destination au parfum d’aventures : l’Afrique. Un terrain à travailler tant il peut offrir des destinations attirantes quand la jungle de la géopolitique mondiale a plutôt tendance à en fermer ailleurs. Et puisque Salaun-Holydays a aussi décidé de revenir aux sources en reprenant une activité de cars, la catalogue offre prochainement un singulier voyage : Brest-Dakar en autocar. Ça c’est de l’aventure !