Pas de vaches mais des grosses légumes
Pour la première fois depuis sa création en 1964, le Salon de l’Agriculture est privé de vaches. Pour cause de dermatose nodulaire contagieuse, la Marguerite et la Noiraude ont été priées de rester à la ferme, ce qui prive cette manifestation de sa principale attraction. Et cela tombe d’autant plus mal que les vaches, de leurs cornes à leur popotin, sont le sujet préféré des candidats aux élections pour immortaliser leur passage dans le saint des saints. Et avec les deux élections en vue, municipales et présidentielle, les deux plus stratégiques du calendrier électoral, c’est un événement très couru par ceux que le monde paysan appelait les « grosses légumes ». Toutes ces personnalités de la vie politique qui viennent chaque année au salon comme on va chez Drucker, tant la photo devant les vaches est l’assurance de bonnes retombées dans la France profonde.
Mais il y a tellement de grosses légumes (dans ce sens, le mot est féminin) qui veulent venir au salon accompagnées de tout leur entourage que les organisateurs ont été contraints d’adopter une charte. Avec des règles limitant les accompagnants et les horaires car il n’était pas rare qu’un candidat à la présidentielle se pointe avec 80 proches. Les organisateurs ont serré la vis en envisageant même de réduire les passages des politiques à trois ou quatre jours, pas plus. Mais nos zélés zélus auraient été obligés de se croiser, au risque de petits débordements. Et les vaches auraient fini par se croire à l’Assemblée nationale, un jour de débat sur le budget. Ce qui aurait assurément donné un lait de mauvaise qualité.