Michel-Édouard Leclerc en pole position
On pourrait croire à un canular. Mais Paris-Match est un magazine trop sérieux pour se permettre pareille fantaisie. Et donc, c’est en provoquant une énorme surprise qu’est paru le nouveau baromètre Paris-Match des personnalités politiques préférées des Français. Car qui se retrouve en tête, le numéro un, le vainqueur, ze ouineur ? Michel-Edouard Leclerc, lui-même. Bingo ! Il a laissé, avec tant de malice, courir le bruit qu’il pourrait bien se mêler à la course à la présidentielle de 2027 que Paris-Match a fini par le sonder. Pour voir où il pourrait se situer. Et bim ! A peine entré, déjà premier.
Elle est bonne celle-là. Michel-Édouard Leclerc en pole position (pole comme politique, bien sûr), laissant tous les autres derrière lui. Mais est-ce vraiment si étonnant ? A plusieurs reprises, ces derniers mois, nous avons évoqué ici la sidérante exposition médiatique du dirigeant breton. Il est partout. Les chaînes de télé comme de radio se l’arrachent car elles savent qu’il fait de l’audience. Et pour cause. Le pouvoir d’achat est aujourd’hui le souci premier des Français et Leclerc a l’art d’en parler avec autorité et un réel talent, glissant toujours un petit mot pour tacler la classe politique et ainsi mieux exonérer la grande distribution de sa part de responsabilité dans la crise agricole française. Loin de la gestion des affaires publiques et sans réel contradicteur, Michel-Edouard Leclerc joue sur du velours, avec un art consommé de la petite phrase qui va faire tilt.
Bien sûr, il n’a aucune intention de présenter à la présidentielle. Et d’ailleurs, croit-on que les propriétaires des 700 centres Leclerc du pays seraient d’accord pour que leur nom soit associé à une candidature présidentielle ? Ils savent que la politique est un sujet très clivant qui pourrait nuire à leurs affaires. On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens, dit aussi un vieil adage. Leclerc n’a aucun intérêt à en sortir. Toujours laisser courir la rumeur mais ne jamais s’engager, c’est l’assurance de continuer à susciter de l’intérêt. Jordan Bardella en est l’exemple, lui aussi. Il perd d’un coup cinq points dans ce sondage car, lui, est sorti de l’ambiguïté sans le vouloir. C’est lui maintenant la cible. Exemple aussi avec Villepin. Il est la seconde personnalité politique préférée, après Leclerc. Loin des affaires, il prospère. Et quand il se présentera, il chutera. S’il se présente un jour…