Oh la vache, 28 % d’entrées en moins !

170 000 visiteurs de moins que l’an dernier ! Le coup est rude pour le Salon de l’Agriculture qui vient de fermer ses portes. De 607 000 visiteurs l’an dernier, la fréquentation est tombée à 437 000 pour cette édition, soit 28 %  en moins. Et inutile de chercher bien loin les raisons de cette défection : un salon sans vaches, c’est comme la 2 CV de Bourvil : ça marche moins bien. Par ricochet, même le monde politique s’est fait beaucoup plus discret dans les allées, bien que deux élections majeures se profilent à l’horizon. Se faire photographier devant un stand de fromage ou de saucissons pendouillant à un anneau, c’est nettement moins flatteur que devant la bonne bouille de la Marguerite.

Ce forfait massif du grand public vient opportunément nous rappeler l’attachement des français à leurs vaches, mères nourricières et tempérament apaisant, celles qui donnent à nos campagnes tout leur charme champêtre. Mais paradoxalement, dans notre langage, elles ont hérité d’un profil offensant. Dire de sa voisine que c’est une vache, ça devrait être flatteur. Eh ben, pas du tout. Et peau de vache, c’est pire encore ! Et quels sont les sagouins, les pendards, les ostrogoths, qui les premiers se mirent à crier devant des représentants de l’ordre « Mort aux vaches ! » ? Un animal si doux, au regard certes bovin mais si amical…

Sans ses vaches, le salon a perdu de son âme et de son charme. Et il faut croire aussi que l’ambiance s’est détériorée sans la présence apaisante de la Noiraude. En témoigne cette véritable bataille rangée au stand des nougats entre visiteurs et exposants, tournant à la corrida dans les allées. Une honte ! A ce salon, il n’y avait pas de vaches mais de sacrés cow-boys ! 

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