Que nos centrales ne refassent pas le coup de 2022 !

La guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz nous renvoient à la guerre d’Ukraine et à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité. Même scénario, comme l’agitent certains commentateurs ? Non, ce serait oublier une coïncidence soudaine, invraisemblable et ruineuse : la panne de nos réacteurs nucléaires juste au même moment  ! Le hasard avait décidé de frapper très fort et d’envoyer simultanément les chars de Poutine et la corrosion des cuves de nos centrales.

Techniquement, le problème n’était pas très grave mais en cumulant les arrêts de centrales déjà programmés pour révision et les arrêts en raison de cette « corrosion sous pression », c’est la moitié du parc nucléaire français qui s’est soudain retrouvé en rideau. 29 centrales sur 56 à l’arrêt ! Une véritable catastrophe, Russie et corrosion faisant s’envoler les cours de l’électricité. La guerre d’Ukraine a démarré le 22 février 2022, des centrales ont été mises à l’arrêt quasi-simultanément et le 29 août suivant, le prix de l’électricité sur le marché européen touchait un niveau record à 743 euros le mégaw/h contre 275 un an plus tôt. 153 % d’augmentation en douze mois ! La France devenait brutalement importatrice d’électricité alors que jusque-là elle en fournissait à ses voisins. Nos partenaires européens étaient furieux et les Allemands, qui ont renoncé au nucléaire, de ne se privèrent pas de commentaires sarcastiques sur ces centrales défaillantes qui mettaient soudain tout le marché européen de l’électricité dans la panade. Au total, le bouclier tarifaire dont ont alors bénéficié les Français a coûté, à lui seul, 75 milliards d’euros entre 2022 et 2024, expliquant en partie la dérive de nos déficits.

On croise donc les doigts pour que nos centrales ne nous refassent pas le coup de 2022. Au contraire, la situation actuelle devrait être mise à profit pour inciter les Français qui le peuvent à abandonner le fuel ou le gaz pour l’électricité. Nous sommes actuellement en capacité d’en produire bien plus que nous n’en consommons, donc avec une belle marge pour un basculement de nos sources, en passant des énergies fossiles à une électricité nettement plus respectueuse du climat.

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