Thank you, mister Jim Carrey

Ce fut comme une petite fleur au-dessus d’un tas de fumier. Un petit rayon de soleil dans un ciel plombé. Donc merci à Jim Carrey d’avoir apporté une petite note romanesque au milieu d’une actualité submergée par les guerres du Moyen-Orient et d’Ukraine et les diktats planétaires de Donald Trump qu’on comparerait bien au tout puissant Jupiter si le surnom n’avait pas déjà été abusivement attribué à un autre président en exercice.

Donc, thank you à Jim Carrey d’avoir saisi l’opportunité de la Nuit des Césars qui lui rendait hommage pour révéler qu’il avait des origines françaises et plus précisément bretonnes puisque descendant, selon lui, d’un corsaire malouin. C’est Hollywood qui soudain illuminait la scène, c’est Pirates des Caraïbes qui allumait ses feux. Certes avoir un ancêtre breton né en 1700 et quelques, ça ne vaut pas Sylvester Stallone dont la grand-mère faisait du vélo à Brest. C’est la propre mère de Rambo qui s’en vint à la pointe d’Armorique révéler que sa mère à elle était née à Brest. Et comme elle ajouta, au passage, qu’elle était croupologue, son histoire, on s’en souvient, fit les choux gras de la presse car on apprit ainsi qu’elle était non seulement la génitrice d’une star planétaire mais qu’elle savait aussi lire l’avenir dans les fesses, ce que, paraît-il, les Romains faisaient déjà dans la lointaine antiquité.

Or donc, l’ancêtre de Jim Carrey a soudain suscité un intérêt manifeste en Bretagne. Pour les journalistes de presse comme de télé régionale, pouvoir parler d’autres choses que des guerres et des misères du monde, c’est un don du ciel par les temps qui courent. Surtout dans une région qui adore faire remonter du passé des ancêtres bretons de Madonna, Céline Dion, Beyoncé ou Hillary Clinton et bien sûr de la Brestoise Louise de Keroual, maîtresse du roi Charles II et lointaine arrière grand-mère de Lady Di, donc de William, futur roi d’Angleterre.

Les recherches aussitôt entreprises ont permis d’établir que l’ancêtre de l’acteur américain s’appelait Marc-François Carré mais qu’il n’avait hélas pas couru les flots au titre de corsaire. Dommage. Il les a simplement traversés pour se rendre au Canada où il est décédé en 1713. L’histoire est moins flamboyante qu’espéré mais pour les journalistes bretons, c’était du pain bénit pour apporter un peu d’air frais et faire oublier un peu le dénommé Donald Trump, pirate du XXIe siècle qui sème si bien la terreur en prétendant ne vouloir que la paix.  

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