L’amiral Nelson doit se retourner dans sa tombe
Les Britanniques pratiquent le french bashing avec constance et talent, cet exercice consistant à se payer la poire de leurs voisins mangeurs de grenouilles en assaisonnant de toute la perfidie de leur humour légendaire. C’est donc avec une surprise mêlée de contentement que leurs voisins d’Outre Manche ont relevé que les Britanniques ont baissé pavillon face aux Français dans la plus symbolique institution de leur supériorité sur les mers : la Royal Navy.
A Chypre, une de leurs trois bases a été bombardée par les Iraniens mais aucune de leurs frégates n’était disponible pour aller d’urgence protéger l’île chypriote contre les missiles et drones des ayatollahs. Premier constat vexant. Et pire encore, c’est une frégate française qui a été dépêchée sur place, pour protéger l’île et la base britannique de tout missile iranien, ce navire n’étant qu’un élément de l’armada française dépêchée sur place avec un porte-avions et huit frégates tricolores. Pas moins.
Dans un royaume qui, depuis des siècles, accorde tant d’importance à sa présence sur les mers, cette première semaine de guerre d’Iran est une véritable humiliation, leur consternante absence étant d’autant plus exhaussée par la forte présence française. Et les Britanniques se laissent même aller à une autodérision peu courante, mais en gardant tout la hauteur de leur humour comme un témoigne cette sentence royalement relayée dans tout le pays : « Alors que les navires de la marine française se dirigeaient vers Chypre pour protéger des sites militaires britanniques, en raison de l’incapacité de la Royal Navy à apporter une réponse, les experts confirment que les bruits étranges entendus dans la cathédrale St Paul viennent, en fait, de Nelson se retournant dans sa tombe »…