Municipales. Tonnerre de Brest !

 

Sensation à Brest ! Le candidat de la droite et du centre, Stéphane Roudaut (photo) est arrivé en tête, dimanche soir, avec 30,2 % des voix, devançant de plus de six points le maire socialiste sortant, François Cuillandre (23,8%). En Bretagne, c’est le résultat le plus spectaculaire quand on sait que PS et écologistes faisaient liste commune cette fois et qu’en 2020, ils avaient totalisé plus de 42 % des voix alors qu’ils se présentaient séparément. 18 points d’écart en six ans, le coup est rude.

Après 25 ans à la mairie et quatre mandats consécutifs, François Cuillandre est de toute évidence victime d’une certaine usure. Car si sa ville a bien renforcé son attractivité ces dernières années, le mandat du maire sortant a souffert d’une détérioration du climat urbain sous l’empreinte du narcotrafic et d’une affaire locale qui a écorné son image. Il souffre aussi de la montée du LFI, sous l’impulsion du député insoumis Pierre-Yves  Cadalen, qui a bien mis à profit sa fonction parlementaire pour élargir la base de son électorat. La liste LFI conduite par Cécile Baudouin s’octroie 15,4 % des voix, soit le double de celle de 2020 (7,1%) alors conduite par Cadalen lui-même. A cette rude concurrence, il faut ajouter la liste citoyenne de Stéphane Muscat (8,2%) ou celle de Reza Salami (3,5%), un ex-proche de Cuillandre, pour comprendre cette dispersion des voix de gauche entre 2020 et 2026.

Si la brutalité de son score, malgré une composition de liste plutôt favorable, a terni la soirée du maire sortant, il ne part pour autant  perdant au second tour. Va-t-il faire alliance avec la liste LFI et ses 15 % de voix ? Avant le premier tour, il avait écarté cette hypothèse, ne manquant jamais de montrer son aversion envers le comportement des insoumis. Et LFI a de son côté posé pour principe de s’effacer si c’est pour faire barrage au RN mais n’a rien dit de tel pour faire gagner un socialiste. Au contraire. Mais en politique, rien n’est jamais définitif.

Le maintien de la liste LFI ne condamnerait pas Cuillandre pour autant. Sa réserve de voix, notamment du côté de la liste citoyenne, semble plus étoffée que celle de Stéphane Roudaut. Il n’en aurait pas été de même si le RN était resté sous la barre des 10 %. Mais cette liste conduite par Yves Pagès a passé la barre. Avec 11,1 % elle est en mesure de se maintenir et a d’autant moins l’intention de se retirer que Stéphane Roudaut a rejeté, par avance, tout rapprochement avec le RN malgré l’appel du pied d’Yves Pagès, tête de cette liste.

PS. Lundi après-midi, après la parution de cet article, est survenu ce que ni François Cuilladre, ni LFI ne voulaient : ils ont signé un accord… Douze places seront réservées aux insoumis sur la liste fusionnée.

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