Municipales. Le PS brestois parti en poussière
François Cuillandre restera l’homme du tramway, du premier téléphérique urbain français, du nouveau port de plaisance ou encore de l’audacieuse réalisation des Capucins. Et il n’est pas pour rien dans l’attractivité nouvelle de Brest qui a changé l’image de la ville. Mais le point final de sa longue carrière de maire relève de la tragédie grecque. En une soirée, tout s’est effondré. Et dans sa chute étourdissante, il a entraîné le PS brestois, parti en poussière.
Car le résultat est sidérant : face à Stéphane Roudaut, le nouveau maire, c’est maintenant LFI qui devient la première force politique au sein du conseil municipal. Et Cécile Baudouin (photo) ne s’est pas privée de le répéter partout, tout au long de la soirée de dimanche. « Vous allez nous entendre » a-t-elle lancé à Stéphane Roudaut sur Tébéo, semblant lui prédire une ambiance digne de la pétaudière des députés. Dans cette nouvelle hiérarchie, les socialistes semblent condamnés à n’être plus que des figurants que LFI et les Verts vont se faire un plaisir de tenir en laisse, en souvenir du passé.
Cette situation résulte d’un double constat arithmétique. Le premier tient à la liste constituée pour ce second tour. Dans l’affolement de son score au premier tour, François Cuillandre semble avoir tout accepté. Sur les 55 sièges, il en a donné 16 à LFI, 13 aux Verts, 5 au PCF, 4 à l’UDB et 1 à BNC. Il n’en restait que 16 au PS qui, en cas de victoire, aurait été entre les mains de LFI et des Verts qui savent si bien faire alliance. Le futur stade de foot n’était pas près de sortir de terre.
Seconde incongruité arithmétique : sur les 11 sièges éligibles, même en cas de défaite, Cuillandre en a donné par avance 4 à LFI, dont Cécile Beaudouin, autoproclamée cheffe de l’opposition et 3 aux Verts. Autant dire que les rescapés du PS vont avoir du mal à sortir la tête dans l’opposition, après 37 années de pouvoir municipal.
Un désastre pour le parti socialiste, conséquence du choix de l’ex-maire de faire alliance avec LFI. Lui qui avait réussi à décrocher un quatrième mandat de maire malgré une affaire locale à tiroir, calamiteuse pour le PS, a sans doute cru que sa bonne étoile allait encore le protéger. Il a juste oublié que les électeurs ont maintenant l’épiderme chatouilleux et qu’ils ont horreur des retournements de veste et des compromis de petits boutiquiers. La vie politique a changé et de toute évidence, François Cuillandre l’a un peu oublié. A Nantes, Johanna Rolland a certes donné le contre-exemple de la seule alliance PS-LFI réussie mais elle n’avait pas sur le dos une affaire aussi lourde à porter que l’ex-maire de Brest. Une fois, ça passe. Pas deux.
On attend maintenant de savoir qui va prendre le relais du maire sorti. Qui va s’avancer sur ce champ de ruines pour redonner un avenir au PS brestois. Les Verts sont au coin du bois et LFI a sorti les arbalètes. Bon courage à celle ou celui qui va s’avancer en terrain si découvert.