A Brest les insoumis vont devoir se calmer !
A Brest, l’alliance PS-LFI a fait un flop monumental. Et une fois encore, aucune commune bretonne n’a été conquise par le RN. La Bretagne a ainsi doublement confirmé qu’elle reste à l’écart des extrêmes alors que dans l’Hexagone, le parti de Marine Le Pen a étendu son emprise sur de nombreuses communes et que Jean-Luc Mélenchon revendique une percée qui n’a pas atteint la terre armoricaine.
De toute évidence, François Cuillandre, l’ex-maire de Brest, n’a pas mis ce postulat dans la balance au moment de proposer à LFI de partir côte à côte à l’assaut du second tour. Il a un peu oublié cette aversion des Bretons pour les extrêmes. LFI ne lui a rien apporté. Au contraire elle l’a plombé et l’électorat brestois a massivement préféré voter contre les insoumis que contre la droite qui a ainsi fait un retour fracassant. A Rennes, Nathalie Appéré a fait le pari inverse : en tenant LFI à bout de gaffe, elle a eu la victoire et le respect pour ne pas avoir eu la tentation de s’allier avec ceux qui sont aujourd’hui devenus des adversaires déclarés.
Toutes les formations politiques vont devoir une fois encore s’imprégner de cette double réticence des Bretons à l’égard des extrêmes. Et à Brest, les insoumis eux-mêmes ont tout intérêt à calmer le jeu. Ce qu’ils n’ont pas fait du tout depuis dimanche. Au contraire, c’est le poing levé qu’ils ont toisé la foule réunie à la mairie, presque menaçants. Et sur Tébéo, Beaudouin a annoncé la couleur. « Vous allez nous entendre ». En clair, ça va barder à tous les étages.
Mais est-ce vraiment la bonne stratégie à adopter ? Comment peuvent-ils oublier que le député de Brest s’appelle Pierre-Yves Cadalen (photo), qu’il porte les couleurs de LFI et que l’an prochain il va devoir remettre son poste en jeu. Si les insoumis décident de faire du conseil municipal une pétaudière et de bordéliser la vie publique brestoise, ils peuvent déjà dire adieu à ce mandat de député que l’arc républicain leur a apporté dans un fauteuil. Cadalen était en 2024 le seul candidat de toute la gauche, LFI ayant imposé son investiture Nupes à Brest, et les voix de l’arc républicain se sont portées sur lui pour faire barrage au FN. Pas par adhésion.
Donc chaque poing que les insoumis lèveront au conseil municipal, ce sont des voix d’électeurs qu’ils perdront. A chaque bordélisation, ce sont des suffrages qui s’envoleront. A chaque manifestation hors cadre, ils verront les urnes s’éloigner plus encore. Dimanche, Brest a apporté la démonstration de son aversion pour les extrêmes, le RN se faisant lui aussi proprement laminer. Le député Pierre-Yves Cadalen doit donc lui-même les inciter à éviter les excès. Sauf bien sûr s’il est déjà convaincu qu’avec le résultat de dimanche et quel que soit le scénario national de 2027, il n’a plus aucune chance d’être réélu député l’an prochain. Et que dans ce cas, quitte à mélenchoner, autant y aller à fond.