Et si notre Assemblée s’inspirait des communes ?

A l’Assemblée, il n’y a pas de majorité et c’est le bazar. Dans nos communes, à l’inverse, il y a toujours une majorité et ça roule. La différence tient bien sûr au système électoral municipal qui, après chaque élection, donne d’office une majorité à la liste arrivée en tête. C’est la prime au vainqueur. Elle obtient 50 % des sièges et les 50 % restants sont partagés entre toutes les listes, y compris celle qui a gagné. Elle est ainsi assurée de pouvoir gouverner la commune pendant six ans, le système ayant été étendu maintenant aux communes de moins de 1.000 habitants.

A l’Assemblée, c’est une sorte de proportionnelle qui a cours actuellement mais aucune formation n’a la majorité. Ce qui entraîne des tractations laborieuses et des marchandages occultes, où le pouvoir se retrouve parfois entre les mains d’un parti qui n’a fait que 2 % des voix à la présidentielle. Comme avec le parti socialiste dernièrement. Une ineptie pour le fonctionnement démocratique, une ruine pour nos finances publiques.

Alors comment s’inspirer du système communal ? Comment donner une prime au vainqueur ? Impossible ? Non, il y a une solution envisageable et facile à mettre en œuvre : on offre à la formation vainqueur les onze sièges de députés à l’étranger pour lui donner plus de possibilité de gouverner seule. Rappelons le principe : que l’on soit au Gabon, aux Philippines ou en Australie, chaque Français a un député, le monde étant partagé en onze circonscriptions pour autant de députés. Mais il n’y a pas de réelle campagne électorale, il faut créer des bureaux de vote dans des villes étrangères, on peut aussi voter en ligne mais c’est compliqué, coûteux et la participation est très faible. On pourrait  réaliser de belles économies en offrant d’office ces onze sièges sous forme de prime au vainqueur de l’élection et les Français de l’étranger n’auraient pas à s’en plaindre puisqu’ils se retrouveraient ainsi dans la majorité de l’Assemblée, en ayant  la possibilité offerte de voter dans leur commune d’origine ou de dernière résidence e France. Rappelons au passage que les députés de l’étranger n’ont aucun pouvoir sur leur territoire d’élection qui se trouve en terre étrangère et n’ont donc qu’ un rôle symbolique de représentation.

Former des coalitions avant le vote

Onze sièges, c’est peu, dira-t-on. C’est vrai. Mais bien des décisions importantes ont été prises avec peu d’écart. Prenons un exemple : si sur un vote, on obtient 240 voix contre 230, la différence n’est pas de 10 voix comme on l’entend généralement. Elle est de 6 voix seulement car si on enlève 6 voix à l’une (240-6 = 234) et qu’on les ajoute à l’autre (230 + 6 = 236), c’est la seconde qui passe devant. Donc ces 11 sièges de députés de l’étranger, ce ne serait pas rien dans un scrutin.

Mais le principal intérêt de la formule, c’est que cela pousserait les formations politiques à se rassembler avant l’élection. A faire des coalitions  pour obtenir cette prime au vainqueur au lieu de partir en ordre dispersé. Et même les petites formations seraient tentées de s’allier si elles ont la possibilité de se voir octroyer un siège d’office en cas de victoire, à attribuer à qui elles veulent. Un peu comme les élections au Sénat ou ceux qui sont en tête de listes se voient attribuer un siège d’office.

Cette formule cumule tous les avantages : elle donne plus de possibilité arithmétique de gouverner à la coalition arrivée en tête, elle fait faire des économies et surtout, elle oblige les partis à négocier avant l’élection et non pas après comme c’est le cas actuellement. Avec des scénarios déplorables pour notre république et des conséquences désastreuses pour nos finances. Ces onze sièges offerts inverseraient le mécanisme : les alliances et les programmes seraient discutés avant le vote et pas après, durant des mois. Et il y aurait beaucoup moins de bazar à l’Assemblée…

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