Mélenchon trumpe énormément

Sur le fond, tout les oppose. Mais sur la forme, il y a tout de même une étrange et évidente similitude entre Donald Trump et Jean-Luc Mélenchon, deux matamores semblant guidés par la même stratégie. Les derniers événements viennent confirmer plus encore ces attitudes communes qui reposent sur le même postulat : il faut bordéliser et brutaliser la politique. Ils déploient tous deux un certain talent pour la chose en sortant en permanence de leur boîte à outils une panoplie d’insinuations, de menaces, voire d’insultes à peine voilées, avec tout ce cynisme qui inspira à Machiavel ses plus belles pages.

Deux événements récents sont venus confirmer ces trajectoires parallèles. D’abord dans leur façon de se comporter avec leurs partenaires. Faut-il réellement les brutaliser eux aussi et bordéliser les relations dans leur propre camp ? Trump en donne une sidérante illustration dans sa capacité à aller jusqu’à traiter de « lâches » ses partenaires de l’OTAN qui sont pourtant parmi les plus gros commanditaires de la puissante industrie américaine de l’armement. Et qui contribuent à faire pencher la balance de son côté dans le grand bras de fer avec la Chine.

Pas mieux pour Mélenchon qui semble en permanence saisi par une étrange obsession à vouloir toujours maltraiter les partenaires qui lui ont permis de monter si haut, à la présidentielle de 2022 puis aux législatives de 2024. Mais trop c’est trop. Et le retour de bâton est venu ces jours derniers. Les socialistes l’avaient déjà envoyé sur les roses.  Cette fois ce sont les écologistes et les communistes qui ont successivement fermé la porte à une candidature commune pour 2027, la sienne bien sûr, qui ferait table rase de toutes les dérives de ces derniers temps. Autant dire que le chef de file des insoumis est assez mal parti pour la présidentielle et il faudra plus que son bagout habituel pour remonter le courant.

Mais voilà que Mélenchon et Trump partagent aussi la même façon de célébrer bruyamment des victoires qui n’en sont pas. Au soir du premier tour des municipales, l’insoumis est venu à la télévision se glorifier du score de son parti en magnifiant  deux ou trois coups d’éclat. Le deuxième tour a pourtant  prouvé qu’en dehors des cités à électorat captif, LFI n’a vraiment pas fait des étincelles. Et les sondages qui ont suivi ont donné approximativement 12 % d’intentions de vote pour Mélenchon à la présidentielle. Il en faudra bien plus pour passer le premier tour

Trump lui aussi a claironné, se targuant d’une victoire « totale et complète »  après l’annonce du cessez-le-feu en Iran et comme Mélenchon, il s’est précipité à la télévision. Sur le nucléaire et le détroit d’Ormuz, les deux moteurs de la guerre en Iran, la victoire de Trump n’est pourtant pas beaucoup plus manifeste que celle de Mélenchon au soir des municipales. Et, hélas, on n’est pas encore sorti de l’auberge.

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