1er-Mai. Le travail, une valeur si maltraitée

« Nous reconnaissons qu’il est utile d’avoir des boulangeries ouvertes le 1er-Mai. Mais les fleuristes et les autres, non ! ». Sophie Binet, l’intransigeante patronne de la CGT, a fait une ouverture, jeudi soir dans Le Parisien, en reconnaissant enfin que le pays a besoin de ses boulangers le 1er-Mai. Il était temps car une large majorité de Français est pour l’ouverture ce jour-là alors que notre pays cultive un invraisemblable paradoxe avec cette possibilité d’aller manger un burger au Mc-Do mais pas d’aller s’acheter un sandwich chez le boulanger du coin.

Cet épisode vient nourrir le grand débat autour du 1er-Mai et plus globalement, autour de la position de la gauche française qui fait front commun contre toute nouvelle ouverture au nom de la Fête du Travail, même pour les boulangers. Et pourtant cette fête est aujourd’hui tombée en désuétude et il est loin le temps des grands cortèges des travailleurs qui étaient fiers de l’être.

Aujourd’hui, dans la bouche des plus radicaux, travailler est considéré que comme une forme d’aliénation, le travail c’est même « une valeur de droite » selon la grande philosophe de gauche Sandrine Rousseau et Benoît Hamon (PS) a axé une grande partie de sa candidature à la présidentielle de 2022 sur le thème du revenu universel, celui que chacun pourrait recevoir à chaque fin de mois sans contrepartie, en pouvant ainsi rester glander à plein temps devant des jeux vidéos. C’est dire à quel niveau on est. Si on y ajoute les 35 heures qui ont été une catastrophe nationale et la retraite à 60 ans que certains veulent voir revenir, on mesure à quel point la gauche française maltraite la valeur travail de nos jours. Et malgré cette maltraitance quasi permanente, cette même gauche unanime veut absolument glorifier la symbolique travail du 1er-Mai pour empêcher de travailler ceux qui voudraient aller faire une journée payée double pour arrondir leur fin de lois et être plus à l’aise pour élever leurs enfants.

Il y a de quoi tomber le cul par terre, quand on sait, en prime, dans quel état sont nos finances publiques et la nécessité de faire entrer plus d’argent dans les caisses d’un pays qui travaille moins que tous les autres. Le 1er-Mai est fortement symbolique d’un grand écart de la gauche sur le travail, encourageant ainsi des syndicats pourtant peu représentatifs a faire blocage, même pour empêcher des salariés de boulangerie volontaires d’aller doublement gagner leur pain quotidien ce jour-là. C’est pitoyable !

Vendredi, peu après la publication de cet article, Sébastien Lecornu a annoncé que les boulangers et fleuristes indépendants vont pouvoir ouvrir ce 1er-Mai et qu’une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’Etat pour que les commerces concernés ne soient pas verbalisés.

 

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