Un président de 47 ans, honnête et sans étiquette
Et vous, vous le voyez comment le prochain président de la République ? A un an du scrutin, la Tribune Dimanche vient de publier un sondage Elabe qui donne quelques indications sur le portrait-robot du prochain locataire de l’Elysée. Un exercice bien sûr très aléatoire quand on sait à quel point la vie politique est de plus en plus fractionnée, loin du duo gauche-droite qui a alternativement assuré le pouvoir, avec un succès très mitigé si on se réfère à l’état de nos comptes publics.
Et que dit ce sondage ? D’abord sur l’âge du président, on va plutôt vers le rajeunissement. 47 ans, donne la moyenne des réponses des sondés, c’est trois ans de moins que pour un même sondage de 2016. Notre président fait baisser la moyenne.
Et où faut-il aller le chercher ? Dans le monde politique répondent 51 % des Français, soit 8 % de plus qu’en 2020, ce qui est paradoxal quand on voit à quel point l’image des politiques s’est dégradée ces dernières années. Il faut croire que malgré tout, les Français considèrent que la politique reste le meilleur vivier pour pêcher un gros poisson. Mais 36 % estiment qu’il serait préférable que ce soit un chef d’entreprise, ce qui correspond à une hausse de 4 points par rapport à 2020 pour un sondage identique. L’état de nos finances publiques et la prise de conscience de la primauté de l’économie incitent un peu plus les Français à opter pour un chef d’entreprise qui doit chaque année établir un budget sans déficit. Mais si le qualificatif chef d’entreprise avait été remplacé par « patron », il n’est pas sûr que le résultat aurait été le même, tant ce mot-là est répulsif…
Et quelle couleur politique aurait-il ? Il serait plutôt de droite pour 28 % des sondés contre 19 % pour la gauche, ce qui confirme la droitisation de la vie politique française. Mais le chiffre le plus étonnant, c’est que 37 % des sondés veulent que ce président ne soit ni à gauche, ni au centre, ni à droite ! Si on comprend bien, ils veulent donc un président totalement apolitique et sans la moindre étiquette. Ca ne va pas être simple d’en trouver un qui arrive à se hisser au second tour sans le marchepied d’un parti politique.
Et quelle qualité principale pour ce président ? Qu’il soit honnête disent prioritairement les sondés (76%) ce qui signifierait donc qu’il dise la vérité. Une réponse là aussi assez paradoxale quand on sait à quel point les Français ne sont pas très tendres avec ceux qui viennent leur dire la vérité. Dernier exemple en date : François Bayrou qui s’est fait sèchement rembarrer quand il est venu dire qu’il fallait faire des efforts et travailler plus. Il faut dire qu’il avait fait fort en hissant ces efforts jusqu’à la suppression de deux jours fériés. Quant à Edouard Philippe, on doute qu’il axe sa campagne sur la retraite à 65 ans. Il a vu comment cette proposition l’a fait chuter dans les sondages et comment Macron a été privé de majorité pour avoir lui aussi ouvertement annoncé les 65 ans. Les Français et la vérité, c’est donc un concept assez aléatoire.
Enfin on notera des variables dans les priorités affichées par les Français selon leur couleur politique. A gauche, le tiercé c’est pouvoir d’achat, santé et inégalités. Pour le bloc macroniste, dette publique, sécurité et pouvoir d’achat. Pour le RN, immigration, pouvoir d’achat et sécurité.