Après le foot, le cinéma… La cinglante réponse de Bolloré

Cela ne pouvait pas plus mal tomber ! En plein festival de Cannes, voilà le cinéma français secoué par une affaire révélatrice d’un contexte politico-artistique déjà bien grinçant, comme on a pu le constater lors de la dernière cérémonie des Molières. A l’origine de cet épisode retentissant , figure la tribune signée par 600 professionnels du cinéma dénonçant l’emprise de Bolloré sur le Septième art et la perspective d’une « dérive droitière » sous la coupe du milliardaire breton. Une tribune suivie d’une réplique immédiate et virulente de Canal+, navire amiral du groupe Bolloré qui cofinance environ quatre films français sur cinq. Ce n’est pas Bolloré en personne mais son homme de confiance, Maxime Saada, le président de Canal+ (à ne pas confondre avec Saadé, le patron de CGM)  qui a fait une réponse cinglante aux 600 signataires en prévenant qu’ils ne pourraient plus travailler sur des projets de films financés par le groupe. Une prise de position qui a provoqué de multiples réactions.

Ces 600, de toute évidence, ont pris des risques. Mordre la main qui vous donne à manger, c’est risquer de prendre une claque. Et dans le cas de Bolloré et Canal+, ils auraient dû doublement se méfier car d’autres avant eux ont eu à subir les foudres de Bolloré and co. Avant le cinéma, il y eut le foot en 2018, la Fédération française se séparant de Canal+ comme diffuseur pour se jeter dans les bras de Médiapro, un groupe audiovisuel espagnol promettant des sommes astronomiques. Mais l’affaire a mal tourné. Jusqu’au divorce. Depuis, les dirigeants du foot savent que Bolloré à la rancune tenace puisqu’il a opté pour la diffusion du foot anglais sur Canal+, en délaissant la Ligue 1, et il a même décidé d’aller coter le groupe Canal+ à la bourse de Londres. C’est dire s’il a l’épiderme chatouilleux.

Voilà donc à son tour le cinéma sur le grill, situation provoquant en retour la perspective d’une campagne de désabonnement de Canal +, appuyée par le journal Libération. Que va donner la suite ? Probablement devenir un feuilleton car blascklister ainsi 600 professionnels va sans doute poser des problèmes de production de films. Et Canal+ ne pourra pas pousser trop loin un éventuel désengagement. Il a des obligations de financement, acceptées par contrat lors de son lancement, et il ne pourra pas s’y soustraire. En attendant, c’est tout le festival de Cannes qui bruisse de cette retentissante affaire, en se méfiant tout de même des oreilles qui traînent…

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