Fin de vie. Les sondages valent bien un référendum

Un vote plus serré que prévu. La loi sur la fin de vie a été adoptée à l’Assemblée nationale par 291 voix contre 241 alors qu’elle avait été rejetée au Sénat dont le président, Gérard Larcher, a mené bataille contre cette nouvelle loi, à l’instar d’une grande partie de la droite française, actuellement dominante sur les bancs du Sénat.

Mais ces oppositions ont su rester dans une certaine dignité de circonstance, le sujet ne se prêtant pas aux grandes envolées et invectives qui font parfois trembler les murs de l’Assemblée. Il est vrai qu’ici chacun était invité à s’exprimer selon sa conscience et aucune formation politique n’a imposé une discipline de vote. Même au sein du Rassemblement nationale où d’ordinaire tout le monde suit le mouvement, des députés ont voté pour cette loi alors que Marine Le Pen et Jordan Bardella n’ont pas caché leur opposition.

Et sur une réforme d’une telle importance, fallait-il un référendum pour que tous les Français donnent leur avis personnel sur une question qui pourrait les concerner tous, un jour au l’autre ? Bien des voix se sont élevées pour le passage par une consultation nationale. Mais était-ce bien nécessaire ? Le dernier sondage en date, celui de l’IFOP, paru le 9 février donnait un résultat sans ambiguïté. A une question ainsi rédigée « Les malades en fin de vie devraient-ils pouvoir choisir entre le recours à des soins palliatifs ou une aide active à mourir encadrée par la loi », les sondés ont été 87 % à répondre oui. Sur le principe même de cette loi, il n’y a donc pas le moindre doute, ce qui rend superflu un référendum, procédure lourde, pesante pour les communes et forcément coûteuse pour les finances de l’Etat. En faire l’économie a donc été doublement judicieux. 

On notera, par ailleurs,  qu’en Bretagne, 20 députés sur 27 ont voté en faveur de cette loi. Une proportion bien supérieure à la moyenne nationale (54%) bien que la Bretagne soit historiquement à l’écoute du clergé dont la hiérarchie a clairement dit son opposition à cette loi.

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