Double fracture pour les Écologistes bretons

Les Écologistes sont eux aussi touchés par le réchauffement et le dérèglement. A l’heure de la rentrée, ça chauffe même très fort dans les instances nationales alors que le mouvement est une fois encore confronté à un problème crucial de positionnement. Quelle stratégie pour 2027 ? Y aller seuls comme en 2022 ? Se ranger derrière le panache rouge de Mélenchon ? S’allier à une candidature PS comme ce fut souvent le cas dans le passé où les socialistes dominaient la gauche ?

Les tensions sont telles que c’est même le risque de fracture qui se profile si Marine Tondelier n’est va pas jusqu’au bout de la candidature qu’elle a déposée, il y a déjà un moment, en prenant tout le monde de court. L’omniprésente Sandrine Rousseau n’a pas apprécié et l’a fait savoir aussitôt, jetant un pavé dans la mare en éclaboussant d’entrée la cheffe de file du mouvement et sa potentielle candidature. Depuis, elle fait tout ce qu’il faut pour entraîner les Verts dans le sillage de Mélenchon qui propose aux Écologistes une alliance forte pour les législatives qui suivront la présidentielle. Pas question pour Yannick Jadot, qui fut candidat en 2022 mais en loupant de peu la barre des 5 % (4,7%) ouvrant droit au remboursement des frais de campagne. Jadot opterait pour une alliance avec une candidature social-démocrate de gauche et ne veut pas entendre parler d’une soumission à Mélenchon avec lequel ses rapports sont notoirement mauvais.

A ce stade, les Écologistes bretons observent un très prudent silence radio. Il est vrai que le parti repose essentiellement sur des groupes locaux et que la voix des Verts bretons se fait essentiellement entendre au conseil régional. C’est là que l’actuelle cheffe de file des conseillers, Claire Desmarets (photo) exprime les grandes options bretonnes et c’est là aussi qu’une autre fracture a singulièrement secoué les instances du parti.

C’était il y a deux ans quand le président du conseil régional, Loïg Chesnais-Girard (div. gauche depuis son départ du PS en 2021), ne disposant que d’une majorité relative, a opéré un rapprochement avec les Écologistes pour constituer une majorité. Non, ont-ils répondu, mais deux d’entre eux ont franchi le Rubicon, semant une zizanie qui a agité le parti et rendu encore plus tendus les débats au sein de l’instance régionale.

Ici encore, comme au niveau national maintenant, ce sont ces problèmes de positionnement par rapport au parti dominant qui font surgir ces menaces de fractures. Depuis des lustres, elles planent au-dessus des Verts mais, cette fois, l’alerte est encore plus sérieuse au moment où s’ouvre l’université d’été du parti.

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