Quand une canalisation coûte le prix d’un gymnase

La canicule a été un puissant rappel à l’ordre  : trop d’eau potable est perdue dans les fuites souterraines de canalisations. 20 % au niveau national, 15 % en Bretagne qui est une bonne élève de la classe. Mais c’est encore beaucoup trop, surtout dans une région où l’habitat est très dispersé et les réserves d’eau géologiquement limitées.

Pendant longtemps on a fermé les yeux. Les canalisations en fonte étaient censées résister pendant des lustres, les difficultés à détecter les fuites et les coûts faramineux des travaux de remplacement n’incitaient pas les maires à plomber leurs budgets pour des travaux souterrains. Donc invisibles. Quand on sait qu’un programme de canalisation peut coûter le prix d’une salle de sports, on comprend que bien des maires aient choisi de fermer les yeux. Inaugurer un gymnase, c’est nettement plus glorifiant pour son bilan que de clôturer un programme d’adduction d’eau sans tambour médiatique ni trompette municipale.

Nombreuses techniques

de détection

La différence, c’est que maintenant on sait. On connaît exactement la quantité d’eau fuyant dans les réseaux et même la localisation précise des fuites. En quelques années, les moyens de détection de sont multipliés. Et la panoplie est large. Par acoustique, avec différentes techniques d’écoute des sons, on peut savoir où le réseau fuit. Par moyen thermique, on peut aussi relever des écarts de température du sol qui ne peuvent être attribués qu’à des fuites. Par des caméras glissées dans le réseau ou des gaz traceurs, on a d’autres moyens sophistiqués de détecter les failles. Et même le flair de chiens spécialement dressés peut maintenant parfois suffire.

Reste le plus dur : trouver les moyens financiers d’engager des travaux aux factures parfois astronomiques. 7,5 millions d’euros pour la première tranche de travaux de canalisation d’eau potable entre Baud et Brech dans le Morbihan. Et ce n’est que la première tranche.

Autant dire que les intercommunalités font face à un mur d’investissements auquel il faut ajouter les réseaux d’assainissement où le problème est le même. Sauf qu’il s’agit d’eaux usées polluantes. Et qu’on a un peu trop mis l’entière responsabilité de certaines pollutions sur le dos des agriculteurs alors que des eaux urbaines ont, elles aussi, leur part dans les atteintes à l’environnement.

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