Trump et le pape comme au temps d’Avignon

Un blasphème ! Bien des catholiques américains n’ont pas cru leurs yeux en découvrant cette image générée par IA présentant Donald Trump en simili Jésus-Christ. Elle a été rapidement retirée du réseau social trumpiste tant elle a profondément choqué ce pays où chaque président doit jurer sur la Bible avant son entrée en fonction. Et elle tombait au plus mal alors qu’entreTrump et le pape Léon XIV la tension était presqu’aussi vive qu’avec les mollahs iraniens. Et une fois de plus, c’est la planète entière qui se demande si cet homme-là n’est pas fou ? Qu’il y ait des désaccords entre Washington et le Vatican en période de guerre, que les emportements de Trump heurtent la modération de Léon XIV sur l’Iran ou l’immigration, c’est dans l’ordre des choses. Mais qu’un président en exercice essaie de mettre le pape à sa botte en scandalisant son propre électorat, cela dépasse l’entendement. Et amène une fois encore à se poser des questions sur la santé mentale du président. Sauf qu’en l’occurrence il ne s’agissait pas seulement d’une fulgurance dans l’esprit de Trump mais d’un bras de fer déjà bien installé encoulisses. Car on a appris, depuis, qu’un évêque américain a été convoqué au Pentagone en janvier dernier et que l’accueil qu’il reçut fut à peu près du même niveau que celui de Zelenski dans le Bureau ovale où l’entrevue tourna au traquenard. L’évêque lui aussi en a entendu des vertes et des pas mûres, ce qui contribue à expliquer le raidissement de Léon XIV face à Trump. Et vice versa.

Et voilà que de l’autre côté de l’Atlantique, on se met même à comparer ce bras de fer avec l’époque d’Avignon, au XIVe siècle, quand Philippe le Bel et le pape Bonifacio VIII se livrèrent une guerre ouverte. Le roi de France finit par avoir gain de cause en faisant ensuite élire un pape français et en contribuant au déménagement du siège pontifical à Avignon, où il resta une soixantaine d’années avant de retrouver le chemin qui mène à Rome. Avec la distance, il est peu probable que Trump retente le coup d’un transfert du Vatican à Washington. Mais en a-t-il vraiment besoin maintenant qu’il se prend célestement pour Jésus-Christ ?

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