Lecornu au pied du mur, Le Pen aussi

Sébastien Lecornu poursuit son chemin de croix. Il l’a entamé, il y a un an, dans un environnement très périlleux et traverse maintenant un véritable un champ de mines depuis que la guerre au Moyen-Orient, la flambée du pétrole, les incendies et la sécheresse sont venus s’ajouter à quelques autres calamités qui sont à notre pays ce que les dix plaies furent à l’Egypte. Depuis les gilets jaunes et le covid, ça n’arrête pas. Un film catastrophe d’Hollywood n’aurait pu imaginer pareille avalanche de calamités puisque même l’IA nous arrive maintenant en version Frankenstein.

Dans cet invraisemblable maelström, Lecornu se débat comme un poisson dans une mare asséchée alors que se profile un autre gros coup de chaud, le budget 2027. Sans un jour de vacances cet été, notre Premier ministre a essayé de monter un meccano budgétaire qui vient de se solder par un chiffre brutal : plus de 50 milliards d’économies à réaliser si on veut tenir les 5 % de déficit ! C’est dire si la situation est grave.

Le Pen coincée

La gauche n’a pas attendu pour brandir les menaces de censure, reprenant ainsi le même scénario qui a mené à la chute des gouvernements Barnier puis Bayrou avec les graves conséquences budgétaires que l’on sait. En revanche, Marine Le Pen se fait bien plus discrète que lors de ces deux précédents épisodes. Car si Lecornu est au pied du mur, elle aussi s’y trouve maintenant, confrontée à un dilemme. Peut-elle se permettre d’ajouter sa voix à celles de la gauche pour renverser le gouvernement Lecornu ? Peut-elle envoyer un boomerang qui peut lui revenir violemment à la figure dans quelques mois ?

A ce jour, elle est la grande favorite pour entrer à l’Elysée et si elle l’emporte, elle va se trouver face à un chantier digne des Douze travaux d’Hercule pour remettre les finances du pays dans le sens de la marche. Peut-elle s’offrir le luxe d’aggraver une situation aussi explosive en créant maintenant une nouvelle crise politique qui mettrait le pays dans la panade et aggraverait plus encore la situation qui lui est promise si elle devient Présidente, en mai prochain ?

La réponse coule de source. Entre elle et Lecornu, il y a actuellement des intérêts convergents qui plaident pour un rapprochement de circonstance dans le seul but de donner un budget à la France. Si elle opte pour le pire, non seulement elle va aggraver la situation mais aussi singulièrement écorner son image de femme d’État déjà bien abîmée par sa lourde condamnation récente.

Elle n’a pas le choix. Elle doit œuvrer à une adoption de ce budget. Car s’il y a censure, elle risque de le payer cher.

Partager cet article :

Privacy Preference Center