Que la Croisette s’amuse
Bienvenue a Festival de Cannes. Il était temps qu’il arrive. Parce qu’avec tout ce qui nous tombe dessus, on a bien besoin d’une parenthèse ciné au milieu de ce fatras planétaire. Avec, en tête d’affiche, le théâtral Donald Trump. Il se prend pour Rambo, sort sa sulfateuse, joue du menton et se targue de partir sur les Sentiers de la Gloire. Mais c’est plutôt La Grande illusion car ce qu’il qualifie d’excursion ressemble de plus en plus à Voyage au bout de l’enfer. En face, les mollahs, prêts à tout, lui jouent Apocalypse now, arrosent tous leurs voisins de missiles et déploient Les canons de Navarone autour du Détroit d’Ormuz.
Mais voilà que sur d’autres flots aussi, c’est Panique à bord. On pense que pendant ce temps-là, les croisières s’amusent et on découvre, effarés, que des Aliens se sont glissés à bord, nouvelle version des Dents de la mer pour touristes soudainement confinés en plein océan. Hantavirus létal sur un bateau de croisière en Atlantique, norovirus brutal sur un autre navire dans les Caraïbes. SOS Médecins et Les Grandes manœuvres pour débarquer les Intouchables contaminés et les mettre en quarantaine grand format.
Même le concours de l’Eurovision tourne en eau de boudin. Ce n’est plus Singing in the rain, c’est Fort Alamo en Autriche, avec boycott et polémiques en rafales autur de la présence d’Israël. Pourvu qu’un fois encore on ne gagne pas cette année. Sinon l’an prochain ce sera chez nous.
Alors forcément, avec tout ça, on est A bout de souffle. Mais Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Alors on croise les doigts pour que la Croisette s’amuse et nous apporte un peu de légèreté dans cette planète en folie. Et maintenant, Que la Fête commence !