Football, embrouilles y tortillas

Le Paraguay, c’est pas gai. A voir comment on pratique le football de haut niveau dans ce pays, on se dit que le championnat doit ressembler à un tournoi de kick-boxing. Déjà la trombine de certains joueurs laissait croire qu’ils sortaient d’un cartel mexicain. Ou des bancs LFI de notre Assemblée. Des as de l’embrouille et des coups bas, pratiquant le football autant avec les mains qu’avec les pieds, en distribuant plus de châtaignes qu’Astérix décimant une légion romaine. 

Aïe,aïe, äie, Paraguaïe… Vaut mieux ranger ses arpions quand ils déboulent comme des pittbulls. Le tout devant un arbitre atteint de cécité congénitale et qui a dû décrocher son diplôme un soir de nouba générale dans son Ouzbékistan natal. On lui pardonnera de ne pas avoir tout vu. Mais, par Toutatis, qu’est-ce qu’ils footaient à la VAR, cet œil infaillible qui détecte tout et qui dispose même d’un système électronique pour savoir si un ballon a touché ou non les cheveux peroxydés d’un footeux. Et là, ils ne voyaient rien de ces coups bas captés par les caméras loin de l’action de jeu ou de ces débuts d’embrouilles qui commençaient pas un coup de pied sournois dans une cheville ? Pendant 90 minutes, les paramilitaires paraguayens  ont essayé de faire dégoupiller Mbappé et les siens pour que l’arbitre non-voyant mette un ou deux cartons rouges aux Bleus afin que le match soit plus équilibré. Par bonheur, l’équipe de France s’était bien préparée à ce scénario machiavélique et Mbappé a passé son temps à se forcer à rire pour ne pas céder à l’envie de leur mettre un coup de tatane dans l’arrière-train. Ce qui eût été fatal. En cela, il s’est grandi et a réussi, dans ce scénario foireux, à montrer une autre facette de son talent, accentuant son retour en grâce et sa popularité en très nette hausse depuis le début de ce Mondial

Il ne peut rien lui refuser

Et puis il y avait cette autre star qui brillait par son absence. Donald Trump. Depuis le début, on le trouvait particulièrement discret alors qu’on s’attendait à le voir imposer sa stature encombrante dans cet univers de gloires internationales. Mais ça y est, le revoilà. La Maison Blanche est intervenue auprès de la FIFA pour qu’un joueur américain suspendu pour avoir pris un carton rouge soit malgré tout blanchi et puisse être aligné au match suivant. Donald Trump s’est félicité aussitôt de cette mansuétude accordée par son ami Infantino, celui qui lui avait remis le Prix Fifa de la paix. Et qui ne peut rien lui refuser. Les Belges n’apprécient pas la blague puisque ce sont eux qui vont affronter les Etats-Unis et tout un pays se prenant soudainement de passion pour le foot.

De passion, il n’en manquait pas non plus dans le stade Azteca de Mexico où l’équipe nationale a l’habitude de cramer ses adversaires dans l’atmosphère hystérique de ce cratère en fusion. Mais tout un pays a avalé sa tortilla de travers, pleurant son rêve envolé et pris au filet par des Anglais qui avaient pourtant débuté le match comme des manches. Les Mexicanos n’en ont pas profité et l’ont payé très cher. Ce sont donc les sujets Sa Très Gracieuse Majesté Charles III qui vont affronter les Norvégiens vainqueurs des Brésiliens. Enorme surprise, entend-on partout. Pourtant, Ici même nous avions dit qu’en envoyant leur équipe B contre le France, les Norvégiens géraient leurs footballeurs comme ils gèrent sagement leur pays. Et de toute évidence, les Vikings étaient nettement moins fatigués que leurs adversaires en fin de match. Là où tout s’est décidé. 

PS. Dans la journée de lundi, Trump a reconnu avoir eu Infantino au téléphone. Puis Infantino a reconnu avoir eu Trump au téléphone. Et tous deux ont bien fait comprendre leur philosophie commune : ils font ce qu’ils veulent. Point barre. Quelques heures plus tard, les Belges ont renvoyé la balle pour la plus grande satisfaction de deux ou trois milliards de Terriens.

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