Les mabouls et le ramdam qui met le souk
Macron a le chic pour puiser dans son magasin de vocabulaire ancien. Jadis il nous a sorti les carabistouilles et les chicayas, cette fois il vient de traiter de « mabouls » ceux qui veulent entrer en conflit avec l’Algérie, terme ancien et approprié puisqu’il est d’origine arabe (le terme, pas Macron) .
Mais lui-même ne fut-il pas un peu maboul d’aller en 2017 dire en Algérie que la colonisation fut un crime contre l’humanité. Certes, il n’était pas encore au zénith présidentiel mais sa déclaration a fait du ramdam et semé le seum chez beaucoup de Français se demandant si Macron n’avait pas un chouia la pastèque de foutre ainsi le souk. Car si les Algériens ont kiffé cette prise de position, bien des Français ont pensé au contraire qu’il avait abusé de l’alcool ou pris un caoua trop corsé pour parler de crime contre l’humanité alors qu’ils considéraient, eux, que l’Algérie d’avant la colonisation était un territoire de pirates esclavagistes et un gourbi insalubre où on pratiquait des razzias à faire hurler les clebs et fuir les gazelles et où il n’y avait pas de toubibs pour soigner les gens. On se contentait de sirops, de carafes d’orange et de jus d’épinards et d’artichauts pour faire échec aux maladies virales qui ne devaient rien au hasard. Elles se propageaient souvent dans des noubas où des virus assassins traçaient leur route telle la roue sur le goudron, faisant ainsi payer le tarif fort aux populations, à la lueur de bougies du dernier souffle.
Bien sûr, vous avez compris que ce texte très tarabiscoté, comme dirait Macron, contient de nombreux mots d’origine arabe. Il y en a 29. Dans l’ordre, maboul, ramdam, chicayas, zénith, seum, chouia, pastèque, souk, kiffé, alcool, caoua, gourbi, razzia, clebs, gazelle, toubib, sirop, carafe, orange, épinards, artichauts, échec, hasard, nouba, assassin, goudron, tarif, bougie.