Stages au collège. La galère des parents sans piston

Depuis une vingtaine d’années, les stages des élèves de troisième sont une des étapes incontournables de l’année du brevet. De trois à cinq jours d’immersion en entreprise. Ils ont ensuite été étendus aux élèves de seconde pour des stages de deux semaines mais la formule est aujourd’hui remise en question, et plus encore après un accident mortel récent avec un chariot de cariste. Le gouvernement a lancé une réflexion sur le sujet, en estimant qu’il pourrait y avoir des alternatives comme la visite de groupes d’élèves dans une entreprise, au moins aussi éclairantes que certains stages où les élèves, faute d’encadrant, font tapisserie pendant cinq jours ou sont confinés à des tâches sans intérêt pédagogique, avec le placard à balais pour entrée en matière.

Mais ces stages sont aussi une véritable galère pour les parents sans piston. Car ils doivent eux-mêmes trouver une entreprise d’accueil pour leur enfant et elles ne sont pas toutes disponibles, loin de là, surtout en ces temps de tensions sur l’activité. Beaucoup d’autres ont décidé de ne réserver ces stages qu’aux enfants du personnel ce qui coupe l’accès à tous les autres. Et face à cette double barrière, les parents sans relations ont toutes les peines à se dépêtrer et en veulent au système éducatif qui leur impose cette mission de prospection où les chances ne sont pas égales.

Et pour certains parents, c’est la double peine. Non seulement ils s’arrachent les cheveux à essayer en vain de trouver un stage mais ils sont dévalorisés aux yeux de leurs enfants, mécontents de voir que les parents de leurs camarades de classe ont rapidement trouvé un stage à leur progéniture.

Autant dire que si ces stages se transforment en visites pédagogiques d’entreprises, bien préparées à l’avance, des milliers de parents échapperont à la corvée la plus éprouvante des années de collège.

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