« Allez zou ! » Mélenchon lance son cri de ralliement
Juché sur un camion, au départ du défilé du 1er Mai, Mélenchon a lancé sa campagne présidentielle d’un vibrant « Allez zou ! ». Comme un cri de ralliement pour toute la troupe insoumise avant qu’il ne reçoive, ce dimanche, l’investiture officielle que ne manqueront pas de lui donner tous les cadres du mouvement lors d’une réunion à huis clos.
Pendant son discours, il a distribué des « zou » à la volée. « Zou on y va ». « Zou les chaussures de marche. Zou les stylos pour le porte à porte ». Et il a donc terminé par un vibrant « Allez zou », semblant plus sorti de la bouche d’un chef scout que de l’organe puissant d’un agitateur politique. Mais où donc est-il allé chercher cette exclamation une peu surannée devenant très singulière dans sa bouche ? On ne connaît actuellement qu’une seule référence médiatique : le fameux José, acteur vedette de la série à succès « Scènes de ménage. Dans le rôle d’un bricoleur maladroit, il lance des « Allez zou » pour bien montrer à son épouse Liliane qu’il est entreprenant dans la vie, même si c’est rarement avec succès.
On ne peut pas croire que Mélenchon s’identifie à un personnage aussi branquignol, aux allures de Laurel un brin pleurnichard. Mais il ne lui a peut-être pas échappé que le José en question capitalise un énorme succès populaire avec son expression favorite. Et de toute évidence, Mélenchon est en reconquête d’une popularité qui lui échappée. L’heure n’est plus à lancer des « Dégagez-les tous », comme il l’a si souvent répété, tant sa stratégie de brutalisation et de bordélisation de la politique lui est revenue comme un boomerang. Trop de violence dans le langage comme dans les attitudes ont fini par faire de lui le plus détesté de la classe politique.
Pour se relancer, il a donc troqué le « Dégagez-les tous » par cet « Allez zou » nettement moins belliqueux. Il a visiblement décidé de passer ainsi son vocabulaire à l’adoucissant, avec cette exclamation que ses partisans vont sûrement accomoder à coups de « Macron, rends-les zou ! ».