Tous des fascistes sauf les Insoumis
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, regrette la réponse « disproportionnée » donnée par Maxime Saada, patron de Canal+, à la tribune de 600 professionnels du cinéma mettant en cause l’emprise de Vincent Bolloré sur le cinéma français (voir ci-dessous). On peut effectivement considérer comme excessive et peu courante la sanction de Saada, annonçant que Canal+ ne travaillera plus avec des signataires de cette tribune. Et qu’en conséquence, il ne cofinancera pas des films dans lesquels ils figureraient.
Mais pour faire bonne mesure, la ministre de la Culture aurait pu également regretter publiquement la tonalité de cette tribune et les mots qui s’affichent. Les signataires disent craindre que ne soient plus financés « que des films de propagande au service d’une idéologie », ce qui nous renvoit à des périodes obscures de l’Histoire. Mais ils vont encore plus loin quand ils parlent de « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ». Un contrôle fasciste ! Le mot est lâché et vise directement Vincent Bolloré.
Croit-on que beaucoup de chefs d’entreprise du pays accepteraient que leurs salariés les traitent de fascistes ? Catherine Pégard semble avoir survolé ce qualificatif adressé au principal financeur du cinéma français par des professionnels qui vivent en grande partie de subventions et du très avantageux statut des intermittents qui leur octroie des mois de chômage chaque année. De tels avantages ne devraient-ils pas leur imposer une certaine retenue, pour ne pas dire un devoir de réserve que tous les employés doivent à l’égard leurs entreprises et à leurs dirigeants ?
Il est vrai qu’aujourd’hui l’extrême gauche a banalisé ce terme de « fasciste » qu’elle plaque à tous ses adversaires, comme Poutine traitant de « nazis » tous les dirigeants ukrainiens. Fasciste, nazi… Les deux termes sont voisins au regard de l’Histoire et on décèle, du reste, un certain voisinage entre le président russe et les dirigeants de LFI. Dès deux côtés une même brutalisation de la vie politique, les mêmes qualificatifs à l’encontre des adversaires et les mêmes procès, encore plus radicaux quand il s’agit d ‘ex-camarades. En témoigne le procès en « racisme » ouvert contre François Ruffin, ex-LFI, pour une simple planche de BD controversée.
Les Insoumis ont adopté la manière forte des bolcheviks d’antan. Il ne leur reste plus qu’à adopter aussi leur bestiaire politique et à traiter maintenant leurs adversaires de vipères lubriques et de rats visqueux.